Bruxelles, 09/10/2013 (Agence Europe) - L'UE devrait convoquer rapidement une conférence humanitaire internationale sur la crise des réfugiés syriens afin d'étudier, en priorité, les moyens de venir en aide aux pays hôtes sous une pression croissante - 3,5 millions de réfugiés auront quitté la Syrie d'ici à la fin de l'année, estime l'ONU -, mais elle devrait aussi prendre sa part dans cet effort, en garantissant aux réfugiés une entrée en toute sécurité sur son territoire et un accès équitable aux procédures d'asile, estime le Parlement, dans une résolution adoptée mercredi 9 octobre.
En tentant de répondre aux besoins des pays voisins de la Syrie (Liban, Jordanie, Turquie et Irak), cette conférence devrait permettre à ces derniers de garder leurs frontières ouvertes à tous les réfugiés syriens, mais elle devrait aussi se concentrer sur l'aide humanitaire et sur le renforcement du rôle et de l'implication de l'UE dans les efforts diplomatiques visant à contribuer à mettre fin au conflit en Syrie, précisent les eurodéputés.
S'exprimant au nom de la Commission européenne, le commissaire Barnier s'est dit favorable à l'organisation d'une telle conférence, comme il s'est dit en faveur d'une solidarité accrue avec les pays européens confrontés à un flux croissant de réfugiés syriens. « La réponse n'est sûrement pas dans la fermeture de nos frontières nationales, dans le recroquevillement ou l'attitude de se barricader, elle est dans davantage d'Europe », a-t-il dit.
L'UE est invitée à poursuivre son aide humanitaire avec la même générosité. Les États membres devraient explorer toutes les législations et procédures existantes afin de fournir une entrée en toute sécurité dans l'UE aux Syriens qui fuient temporairement leur pays, souligne le Parlement, qui accueille favorablement le consensus entre les 28 pour ne pas renvoyer les Syriens. Les réfugiés devraient avoir « accès à des procédures d'asile équitables et efficaces », ajoutent les députés qui appellent à davantage de solidarité envers les États membres soumis à une pression importante pour accueillir les réfugiés.
Les États membres étant tenus d'apporter leur aide aux migrants en mer, le Parlement appelle les pays de l'UE qui ne sont pas parvenus à respecter leurs obligations internationales, à cesser de renvoyer les bateaux avec des migrants à bord. Il encourage les États membres à faire plein usage de l'argent disponible au titre du Fonds pour les migrations et l'asile et de l'Action préparatoire pour « permettre la réinstallation des réfugiés dans les situations d'urgence ». Le Parlement les encourage aussi à répondre à des besoins urgents par le biais de la réinstallation et via l'admission humanitaire.
L'afflux éventuel de réfugiés au sein des États membres nécessite des « mesures responsables », estiment les députés. Partant, ils appellent les 28 et la Commission européenne à travailler sur des plans d'intervention et notamment sur la possibilité d'appliquer enfin la directive de 2001 sur l'octroi d'une protection temporaire « si et lorsque les conditions le requièrent ». (AN)