Strasbourg, 09/10/2013 (Agence Europe) - Les Roms sont « des êtres humains (…) et, en tant que tels, ont les mêmes droits et obligations que tout autre citoyen », s'est sentie obligée de rappeler Viviane Reding, la commissaire européenne à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté, à l'écoute du discours tenu par certains députés européens, mercredi 9 octobre à Strasbourg. Elle a ajouté que, de ce fait, les responsables européens avaient les mêmes obligations envers eux qu'envers n'importe quel autre Européen.
Parmi les députés européens, de nombreux intervenants se sont inquiétés du cheminement mais surtout de l'utilisation des fonds disponibles pour venir en aide aux plus démunis et protéger les minorités.
Véronique Mathieu Houillon (PPE, française) a appelé à « un suivi strict et rigoureux » en ce sens et sa compatriote du S&D Sylvie Guillaume a exhorté la Commission à mettre en place un « monitoring efficace » pour s'assurer que les fonds transitent là où c'est nécessaire. Citant Livia Jaroka (PPE, hongroise), qui a estimé à 10% l'ampleur des fonds européens qui n'arrivent pas à destination, Mme Reding a préconisé une action coordonnée à tous les niveaux: européen, national et régional. « L'intégration des Roms n'est pas une affaire facile », a-t-elle reconnu, estimant qu'il fallait impliquer les principaux intéressés dans le processus.
Cristian Dan Pedra (PPE, roumain) a regretté que la communauté Rom n'ait pas vraiment de représentant et ne pouvait ainsi pas parler pour elle-même, avec pour résultat qu'elle se retrouve « marginalisée » et que l'on « se permet de dire n'importe quoi » à son sujet.
Au-delà de la responsabilité que doivent assumer les décideurs européens, Mme Mathieu a prôné la tolérance comme second maître mot de la politique que doit mener l'UE pour améliorer la situation des Roms en Europe. Plusieurs députés européens se sont dits choqués par la découverte récente de l'existence d'un registre en Suède recensant plus de 4 000 Roms sur une simple base ethnique. « On a touché le fond avec un tel registre », s'est inquiétée Anna Hedh (S&D, suédoise), alertée par le fait que la police puisse agir ainsi sans aucun contrôle.
Défendant bec et ongles le gouvernement suédois, Anna Maria Corazza Bildt (PPE, suédoise) a rappelé les excuses publiques qu'il a présentées lorsque l'affaire avait été rendue publique. « Les résultats seront publics et les responsables auront à s'expliquer devant la justice suédoise », a-t-elle assuré. Sur ce registre, mis en place en 2011 par la police suédoise, figurait notamment un grand nombre d'enfants. C'est après cette affaire que certains députés européens avaient réclamé le débat sur les Roms qui s'est tenu mercredi à Strasbourg.
« Nous devons lutter contre la discrimination structurelle », a déclaré Mikael Gustafsson (GUE/NGL, suédois), car c'est la « situation actuelle qui maintient les Roms dans la pauvreté » et empêche leur inclusion, à ses yeux. Son de cloche relativement similaire pour Corina Cretu (S&D, roumaine) pour qui il ne sert à rien de diaboliser « ni les Roms, ni les pays d'origine », alors que certains députés faisaient état de vols à proximité de campements Roms. « J'ai eu honte d'être dans cet hémicycle et d'écouter certaines paroles », s'est offusquée la commissaire Reding, à la fin du débat. (EL)