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Bulletin Quotidien Europe N° 10935
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CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) syrie

L'APCE adopte à l'unanimité une recommandation exigeante

Strasbourg, 03/10/2013 (Agence Europe) - C'est par le vote d'une recommandation adoptée à l'unanimité des 98 députés présents que l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a conclu le débat d'urgence sur la situation en Syrie, organisé jeudi 3 octobre à Strasbourg. Recommandation au Comité des ministres des 47 États membres et non simple résolution car, a précisé le socialiste suédois Björn von Sydow, « la frustration est sous-jacente ». « Nos gouvernements ont fait peu de choses jusqu'à ce qu'éclate le drame des armes chimiques mises en œuvre lors de l'attaque de Ghouta près de Damas », a-t-il poursuivi, sous-entendant que l'heure n'était plus à l'expression de vœux pieux.

Revenant sur la question des armes chimiques - celles utilisées le 21 août à Ghouta et celles qui auraient été utilisées précédemment - la recommandation adoptée « réaffirme avec force qu'il ne peut y avoir d'impunité pour ceux qui commettent des crimes contre l'humanité, quels qu'ils soient et où qu'ils soient ». Elle se « félicite » que les menaces de frappes militaires occidentales aient permis la conclusion d'un mini accord-cadre entre la Russie et les États-Unis sur l'élimination des armes chimiques syriennes sur base d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Toutefois, conscients « des énormes difficultés techniques et des obstacles juridiques que présente l'élimination de ces armes chimiques » dans un contexte de guerre civile, les parlementaires réclament des « cessez-le-feu » et demandent au Comité des ministres de « faire pression sur toutes les parties » pour créer « les conditions nécessaires à la mise en œuvre du plan arrêté de commun accord » tout en octroyant des ressources nécessaires à l'Organisme pour la destruction des armes chimiques (OIAC). Parallèlement, la recommandation soutient « sans réserve » l'organisation, à Genève, d'une deuxième Conférence Internationale de la Paix pour la Syrie (Genève 2), autant que possible avant la fin de cette année. Autant que possible car - et ce fut largement évoqué lors des débats - les parlementaires s'inquiètent de « l'abîme qui se creuse de plus en plus au sein de l'opposition syrienne entre ses branches politiques et militaires » ainsi que de « la présence de plus en plus marquée de djihadistes et autres groupes extrémistes y compris terroristes » dans les forces combattant le régime. Dans ce contexte, une mise en garde est également formulée contre les « acteurs extérieurs qui, du fait d'intérêts géopolitiques ou pour des raisons sectaires, soutiennent les groupes extrémistes ». La mosaïque ethnique, culturelle et religieuse que représente la population syrienne doit être préservée dans une future Syrie post-conflit, est il affirmé, mais, en attendant, il faut que la communauté internationale dont l'unité se concrétise « se concentre sur les conséquences humanitaires dramatiques du conflit ». L'APCE appelle donc « les États membres du Conseil de l'Europe à faire preuve de solidarité et de responsabilité collective » pour « accueillir au mieux les réfugiés syriens » et « répondre de toute urgence aux appels de fonds y compris par le biais de fonds supplémentaires à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient ». Exigence de justice pour les crimes contre l'humanité commis, mise en œuvre de dispositifs et de pressions pour parvenir à un règlement politique et faire taire les armes, solidarité concrète envers les réfugiés, ce sont, comme l'a dit Björn von Sydow, « les valeurs de démocratie et de droits de l'homme » que l'APCE demande au Comité des ministres « d'injecter » dans le conflit syrien, sachant par ailleurs que « le plan de destruction des armes chimiques ne suffira pas pour mettre fin à la guerre ». (VL)

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