Bruxelles, 26/09/2013 (Agence Europe) - Le Représentant spécial pour les droits de l'homme de l'UE, Stavros Lambrinidis, a une nouvelle fois souligné, le 25 septembre, l'importance d'une meilleure cohérence dans la politique européenne des droits de l'homme. Selon lui, trois défis se posent: la cohérence interne/externe, mais aussi la cohérence en interne, au sein de l'UE, et en externe, envers les pays tiers. Lors d'une intervention au Parlement européen, M. Lambrinidis a souligné que si l'UE demande le respect des droits de l'homme, elle doit aussi les assurer en son sein. « Lorsque l'on se promène de par le monde et que l'on demande le respect des droits de l'homme, il faut s'attendre à ce que ces États disent: 'que faites-vous de la situation des Roms, des attaques xénophobes et racistes au sein UE ?' », a-t-il dit. Et si personne n'est parfait, « pour s'exprimer il faut être crédible », a-t-il ajouté. En termes de cohérence externe, le Représentant spécial a souligné qu'il est « assez évident que l'on ne réagit pas tout le temps de la même manière quand il y a une violation de par le monde », ce qui peut saper la crédibilité de l'UE. Il convient donc de faire attention à la cohérence. « Les droits humains, pour être suivis de faits, nécessitent un partenariat entre les institutions européennes, mais aussi entre l'UE et les États membres », a-t-il aussi estimé, précisant qu'il faut promouvoir les mêmes objectifs en termes de droits de l'homme, avoir le même message « sinon il y a une incohérence en interne ». Il souhaite que les États membres soient aussi stricts que l'UE.
Appel à une action des ministres des Affaires étrangères
Lotte Leicht, d'Human Rights Watch, a appelé les ministres des Affaires étrangères européens à adopter, avant la fin de l'année, des conclusions « fermes » accompagnées d'une stratégie pour la défense des droits de l'homme avec deux grands partenaires stratégiques, la Russie et la Chine. « Nous avons besoin de conclusions des affaires étrangères, présentées de façon univoque par tous », a-t-elle ajouté. « Si tout le monde joue la même partition, alors les petits pays peuvent faire écho sans s'attirer les foudres de leurs partenaires. Il faut un effet de meute », a poursuivi Mme Leicht. Elle a aussi souhaité qu'un débat annuel sur les droits de l'homme, en session ouverte et non à huis clos, soit organisé en Conseil Affaires étrangères.
Le représentant de Front line defenders, Vincent Forest, a demandé des résolutions du Parlement européen consacrées à la protection des militants des droits de l'homme, et que les militants soient suivis afin que la réaction soit rapide si l'un d'entre eux est pris pour cible. Un soutien aux défenseurs des droits de l'homme que prône aussi M. Lambrinidis, soulignant que le soutien psychologique est souvent plus important que le soutien financier. (CG)