Bruxelles, 26/09/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a adressé, jeudi 26 septembre, quelques bons points à la France venue présenter à Bruxelles son projet de budget pour 2014.
« Je suis conscient des efforts importants consentis par la France pour restaurer ses finances publiques. Ce projet de Loi de finances est marqué par la responsabilité et la prudence », a déclaré le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, à la suite d'une entrevue avec le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici. Mi-novembre, la Commission présentera son analyse des projets de budget nationaux pour 2014 en utilisant pour la première fois les nouvelles règles européennes de gouvernance économique inscrites dans le paquet budgétaire '2 pack'. Elle se penchera essentiellement sur le respect par la France des recommandations qui lui ont été adressées en termes d'« ajustement structurel ». Notre rôle consiste à veiller au respect des engagements et à « prévenir les dérapages plutôt qu'à les corriger », a souligné le commissaire.
Pour 2013, la mise en œuvre du budget français est « en ligne avec les objectifs », a assuré M. Moscovici. « C'est vrai que nous avons été amenés à dépasser le déficit nominal » en raison de rentrées fiscales plus faibles que prévu, « mais le déficit structurel, lui, est respecté », a-t-il indiqué. Les discussions avec la Commission se poursuivront sur ce point. Pour 2014, la France maintient l'« objectif de réduction du déficit structurel de 0,9% » afin d'arriver à l'équilibre structurel à la fin du mandat du président Hollande.
Présenté hier par le gouvernement français, le projet de budget vise à « trouver le bon équilibre entre la consolidation budgétaire indispensable et le soutien à la croissance et à l'emploi qui est la priorité, désormais, de l'UE », a souligné M. Moscovici. Les grandes lignes du projet de Loi de finances sont les suivantes: - les objectifs de croissance sont arrêtés à 0,1% du PIB en 2013 et 0,9% en 2014, des chiffres jugés « plausibles » par M. Rehn ; - le déficit nominal sera de 4,1% en 2013 (objectif fixé 3,9%), il devra être réduit à 3,6% du PIB en 2014 conformément aux recommandations du Conseil européen et repasser sous la barre des 3% en 2015 ; - l'effort budgétaire pour 2014 s'élèvera à 18 milliards d'euros dont 80% sous la forme d'économies (les économies représenteront 100% de l'effort en 2015).
M. Rehn a insisté sur les réformes structurelles « ambitieuses » qui doivent être poursuivies. M. Moscovici a évoqué la réforme du marché du travail, la réforme en cours des retraites et l'accent mis sur la compétitivité à travers la réduction du coût du travail. Sur la dette publique française qui atteindra, selon M. Rehn, un niveau moyen dans l'Eurozone (94% du PIB en 2013, 96% en 2014), le ministre a estimé que les efforts structurels entrepris permettront d'inverser la trajectoire de la dette publique « à partir de 2015 ». (MB)