Bruxelles, 12/09/2013 (Agence Europe) - À en croire Greenpeace, les députés européens ont voté une main sur le cœur, l'autre sur la pompe à alimenter les voitures de l'UE et à détruire l'environnement, en se prononçant, mercredi 11 septembre à Strasbourg, sur les deux textes visant à plafonner, à l'horizon 2020, l'utilisation des agrocarburants dans les transports et à prendre en compte les émissions de gaz à effet de serre liées à la production de ces biocarburants de première génération destructeurs de forêts (EUROPE 10919).
« Ce vote est incohérent et résulte clairement de manigances. Le Parlement veut une chose et son contraire: que l'UE reconnaisse que les biocarburants produits à partir de cultures alimentaires sont destructeurs pour l'environnement, mais qu'elle continue à les soutenir politiquement et financièrement », déclare Sébastien Risso, directeur expert en politique forestière de l'UE chez Greenpeace.
Illustration de ces incohérences: les députés ont voté pour plafonner l'utilisation des carburants produits à partir de denrées alimentaires, mais ce plafonnement à 6% de l'énergie utilisée dans les transports correspond à un niveau plus élevé que le niveau actuel de consommation (4,5%). Et, dans le même temps, ils ont voté pour différer les négociations entre les institutions de l'UE, hypothéquant les chances d'un accord final sur la politique future des biocarburants avant les élections européennes de mai 2014, souligne l'ONG.
En outre, le Parlement a voté pour l'inclusion du facteur ILUC, mais dans une seule des deux législations qui étaient examinées, à savoir la directive 'qualité de l'essence et des carburants diesel' (directive 98/70/CE) (mais pas dans la directive 2009/28/CE, dite 'énergies renouvelables'). Ce choix, combiné à l'incapacité de stopper l'utilisation croissante des agrocarburants avant 2020, adresse un message confus sur l'avenir de la politique de l'énergie dans les transports, estime Greenpeace.
Partant, l'ONG en appelle aux États membres pour qu'ils stoppent l'expansion des agrocarburants nuisibles et inversent la tendance. Greenpeace insiste sur la nécessité de prendre en compte la totalité de l'empreinte carbone des agrocarburants et d'éliminer les subventions publiques aux agrocarburants nuisibles d'un point de vue social et environnemental.
Pour garantir des transports verts, la priorité doit être donnée à de véritables solutions, martèle Greenpeace. Et de citer en exemple les technologies innovantes ayant fait la preuve de leur efficacité énergétique et permettant de réduire la consommation d'énergie du secteur, comme la mobilité verte dans les villes et la promotion des voitures et des trains fonctionnant à l'électricité renouvelable. (AN)