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Bulletin Quotidien Europe N° 10920
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) pÊche

Le Parlement européen vole au secours de l'anguille

Bruxelles, 12/09/2013 (Agence Europe) - Les députés européens se sont prononcés, mercredi 11 septembre, pour l'adoption par l'UE de mesures de sauvegarde de l'anguille européenne, menacée d'extinction notamment par la surpêche et la pollution.

En adoptant (427 voix pour, 249 contre et 25 abstentions) le rapport d'Isabella Lövin (Verts/ALE, Suède) sur les stocks d'anguilles, les députés demandent à la Commission européenne de présenter une proposition législative, d'ici à mars 2014, incluant des sanctions contre les États membres qui tarderaient à fournir les données nécessaires pour évaluer les stocks.

Les anguilles européennes, dont le stock a diminué de 95% ces trente dernières années, selon les estimations scientifiques, « sont fortement menacées et les États membres prennent peu de mesures pour les sauver », a relevé Mme Lövin. De nouvelles règles doivent « combler les lacunes de la législation existante, qui a permis une surpêche permanente et le commerce non-durable des anguilles », a-t-elle ajouté.

Les députés demandent à la Commission européenne d'évaluer d'ici à la fin de l'année l'efficacité réelle des mesures de repeuplement actuellement privilégiées par les États membres pour sauver l'espèce. Seuls deux pays européens, l'Irlande et la Norvège, ont jusque-là interdit la pêche à l'anguille, une option qui, selon Mme Lövin, devrait rester parmi celles envisagées.

Le PE réclame aussi que les États rendent compte plus souvent, tous les deux ans et non tous les six ans, de l'impact des mesures de gestion des stocks, au risque sinon de voir limiter leur droit aux captures.

La protection de cette espèce aux mœurs encore peu décryptés par les scientifiques se heurte à de nombreuses incertitudes, tant sur les causes et les moyens de faire face à sa raréfaction que sur l'ampleur réelle de sa pêche et de son commerce.

Mme Lövin s'est prévalue d'un rapport des services de la Commission faisant état d'une « hausse significative des échanges illégaux ces deux dernières années », alors que ce poisson est très prisé des marchés asiatiques, où il atteint des prix élevés. En fonction des dernières estimations scientifiques sur l'état du stock, attendues en novembre 2013, la Commission présentera, d'ici à la fin de l'année, un rapport sur l'efficacité des plans nationaux de gestion, a réagi la commissaire à la Pêche, Maria Damanaki.

Pour Alain Cadec (PPE, France), qui a voté contre le rapport, il ne faut pas tomber dans l'alarmisme. Il estime que « le poids donné aux arguments environnementalistes est démesuré face à la menace réelle qui pèse sur ce stock et aux mesures de préservation déjà mises en place ». « Ce rapport demande à la Commission une nouvelle proposition de plan de reconstitution d'ici à mars 2014 ainsi qu'une révision des plans nationaux tous les deux ans. Je trouve ces mesures inutiles, voire contre productives. S'il est primordial de préserver le stock d'anguilles qui est un marqueur écologique, il ne faut pas oublier qu'une multitude d'autres facteurs ont un impact direct sur la population d'anguilles: le turbinage, les parasites, la dispersion, les pollutions, les obstacles migratoires et la chenalisation des estuaires », fait valoir M. Cadec. S'agissant des efforts fournis par les professionnels de la pêche à la civelle pour s'adapter au plan de 2007, « nous ne devons pas leur imposer davantage de contraintes. » Et l'eurodéputé de conclure: « La filière française est l'une des mieux encadrées. Elle atteindra sans doute son objectif de réduction de 60% de la mortalité de l'espèce d'ici à 2015. Des restrictions supplémentaires fragiliseraient ce secteur en pleine mutation. » (LC)

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