Bruxelles, 11/07/2013 (Agence Europe) - La baisse record de la production d'électricité issue de l'énergie nucléaire en 2012 et le vieillissement rapide des centrales donnent de l'eau au moulin des écologistes.
Élaboré sous la direction de l'expert indépendant Mycle Schneider et par une équipe de six experts français, britannique et japonais, et présenté le 11 juillet par les leaders du groupe Verts/ALE au Parlement européen, Rebecca Harms et Yannick Jadot, le rapport 2013 sur l'état de l'industrie nucléaire dans le monde met en exergue une baisse record de la production d'électricité d'origine nucléaire dans le monde en 2012, de 7% par rapport à 2011, et de 12% par rapport au pic établi en 2006. Avec 427 centrales en fonctionnement à l'heure actuelle, le parc nucléaire mondial a en outre perdu 17 éléments depuis 2002. Un déclin qui, selon les auteurs, ne doit pas être seulement attribué à la fermeture d'une grande partie du parc nippon après la catastrophe de Fukushima, mais à la réduction de la production nucléaire des autres grands pays producteurs d'énergie nucléaire, notamment au bénéfice des sources d'énergie renouvelable.
« Ce rapport montre une fois de plus l'écart flagrant entre les promesses du lobby nucléaire et la réalité: l'énergie nucléaire est en déclin constant », déplore Mme Harms. « Le verdict est clair: le nucléaire est en voie de disparition. Les efforts des pro-nucléaires pour garder cette technologie dans le mix énergétique ont un prix élevé et ils ne parviennent toujours pas à enrayer le déclin constant du nucléaire dans le monde. Il est grand temps d'en tirer les conséquences politiques et de concentrer les efforts sur des solutions d'énergie durables, propres et sûres pour l'avenir », insiste la députée. « Avec la catastrophe de Fukushima, le mythe du zéro risque s'est effondré en France. Et avec les augmentations répétées du prix de l'électricité, c'est le mythe du nucléaire bon marché qui tombe enfin. Le nucléaire est une énergie chère partout dans le monde, dont les investisseurs privés comme les banques se détournent », renchérit M. Jadot.
Les députés écologistes s'alarment par ailleurs du vieillissement des réacteurs en exploitation, et s'inquiètent du dépassement des coûts pour bon nombre de projets en construction toujours plus en retard. Les estimations de coûts pour les nouvelles centrales nucléaires ont, selon le rapport, augmenté dans la dernière décennie de 1 000 à 7 000 dollars US par kilowatt installé. Dans le même temps, les coûts pour les installations d'énergie renouvelable sont en baisse, souligne Mme Harms. « C'est loin d'être une renaissance du nucléaire. Cela ressemble plus à une tentative très chère de garder une technologie malade en vie », insiste-t-elle.
Le rapport Schneider fournit aussi une mise à jour alarmante sur la situation à Fukushima deux ans après la catastrophe, en mars 2011. « Plus de 150 000 personnes restent en situation d'évacuation forcée et il devient clair que la situation sur le site du réacteur est loin d'être sous contrôle », déplore Mme Harms. La presse internationale rapporte depuis plusieurs semaines une multiplication des incidents et une hausse rapide de la radioactivité sur le site sinistré. (EH)