Bruxelles, 10/06/2013 (Agence Europe) - L'UE et le Maroc ont signé vendredi dernier à Luxembourg un accord sur la mobilité, le premier pour toute la région. Il ouvre la voie à la conclusion d'autres accords avec d'autres pays méditerranéens.
L'effet le plus visible de cet accord avec le Maroc sera l'octroi de facilités de visas dont les détails restent à déterminer. Il encourage une action « concertée » contre l'immigration non désirée, pour la maîtrise des routes migratoires, y compris maritimes, contre les réseaux transfrontières de trafic des êtres humains et de traite des personnes. Il couvrira aussi divers domaines de coopération touchant à la gestion des flux réguliers (sécurité sociale, etc.) et à la contribution de cette coopération migratoire aux efforts de développement encadrés par l'accord d'association. La « spécificité du Maroc » est prise en compte à la fois en tant que pays d'origine, de transit et, de plus en plus, de destination finale en matière de flux migratoires.
Cet accord concrétise l'engagement pris il y a un an lors d'une visite à Rabat du président Barroso. « Nous faisons aujourd'hui un grand pas en avant et j'espère que d'autres pays partenaires vont bientôt suivre », a indiqué Cecilia Malmström, la commissaire aux Affaires intérieures. Elle a signé le document avec le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, Saad dine El Otmani, et les ministres chargés de la migration de neuf États membres de l'UE engagés dans la mise en œuvre de partenariat: Belgique, Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède et Royaume-Uni.
Premier objectif cité: « Poursuivre la coopération entre les États membres de l'UE et le Maroc sur la simplification des procédures d'accès et de séjour régulier (y compris par la possibilité d'émettre des visas à entrées multiples et de plus longue durée, et de concéder des exemptions des frais de dossiers pour certaines catégories de personnes). » Cet accord doit couvrir également « les relations avec les États tiers » dans la lutte contre les migrations illégales. Référence directe aux pays voisins de la zone subsaharienne transitant par le Maroc, lequel s'était montré jusqu'à présent réticent à signer un accord de 'réadmission'. La formule retenue indique la volonté commune de « soutenir dans le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux, la mise en place d'initiatives facilitant le départ volontaire des migrants en situation irrégulière et leur réinsertion socio-économique, tant en ce qui concerne les ressortissants marocains dans l'UE que les ressortissants d'États tiers au Maroc ».
Le document signé fixe des objectifs politiques en matière d'émigration/immigration. Les signataires s'y engagent à « œuvrer de concert et dans un esprit de partenariat en vue d'assurer une meilleure gestion de la migration selon une approche globale et équilibrée, dans l'intérêt mutuel ». Le vœu commun est « d'œuvrer pour une meilleure cohérence entre la politique en matière de mobilité des personnes et les autres domaines de coopération sectorielle (commerce, enseignement, recherche, culture) de manière à faciliter l'entrée et le séjour sur le territoire des États membres de l'UE aux stagiaires issus de la formation professionnelle, aux étudiants, aux universitaires, aux chercheurs marocains et aux hommes et femmes d'affaires ».
Les signataires « prennent acte des avantages et de l'impact positif d'une gestion maîtrisée de la migration » dont ils entendent faire une chance de renforcement du partenariat global et non un problème supplémentaire.
Quatre axes « prioritaires » sont identifiés: d'abord, mieux gérer la circulation des personnes pour des séjours de courte durée, les migrations régulières et la migration pour des raisons de travail en tenant compte, pour cette dernière, de la situation du marché de l'emploi des signataires. Ensuite, renforcer la coopération en matière de migrations et de développement, en permettant la valorisation du potentiel de la migration et ses incidences bénéfiques sur le développement du Maroc et des pays européens. Troisième engagement: lutter contre l'immigration irrégulière, les réseaux de trafic des êtres humains et de traite des personnes, et promouvoir une politique efficace en matière de retour et de réadmission dans le respect des droits fondamentaux, de la législation applicable et de la dignité des personnes concernées. Enfin, respecter les instruments internationaux dûment ratifiés relatifs à la protection des réfugiés. (FB)