Bruxelles, 10/06/2013 (Agence Europe) - L'Allemagne semble toujours garder la main sur le frein en ce qui concerne la restructuration de la dette grecque, après la publication de deux rapports du FMI, l'un revenant sur des erreurs dans la gestion du dossier grec lors du premier plan de sauvetage et l'autre faisant le point sur la situation actuelle, avec son lot de mises en garde (EUROPE n° 10861 et n° 10862).
Le porte-parole du ministère allemand des Finances, Martin Kotthaus, a déclaré, lundi 10 juin, qu'il ne voyait aucune raison de croire que le FMI plaiderait pour un effacement de la dette grecque détenue par les créanciers publics. Après avoir considéré dans son rapport que la 1ère restructuration de la dette grecque au printemps dernier était intervenue trop tard, le FMI en a remis une couche ce week-end. Selon son chef économiste Olivier Blanchard, lorsque le poids de la dette d'un pays est « insupportable, il faut accepter la réalité et diminuer ce poids ». Et de prévenir qu'un fardeau de la dette très lourd pourrait ralentir « le retour de la Grèce à un équilibre acceptable ». Dans son rapport, le FMI préconise une « approche frontale » du problème. Des déclarations qui heurtent la sensibilité des autorités allemandes.
Pour l'heure, la Commission n'a encore travaillé à aucun scénario d'une éventuelle future restructuration de la dette, indique une source européenne, pour qui une telle opération sera conditionnée aux résultats du pays en matière budgétaire et qui seront connus en 2014. Cette réduction de dette ne devrait donc pas être sujette à discussion avant mi-2014, selon cette source. Interrogée sur la nécessité d'avoir recours à un procédé qui donnerait des résultats immédiats, comme un effacement pur et simple d'une partie des créances, cette source européenne a souligné que l'accord passé par les Dix-sept en novembre dernier s'inscrivait dans une stratégie à long terme de réduction du fardeau, avec pour objectif final un ratio dette/PIB de 124% en 2020 et « substantiellement sous 110% en 2022 ».
Privatisations. Les perspectives économiques étant toujours incertaines en Grèce, le processus de privatisations est toujours lent alors que le pays n'a reçu aucune offre pour la firme de gaz naturel DEPA, selon Reuters. « C'est quelque chose qu'il faudra évaluer » lors de la mission de la troïka actuellement en cours à Athènes, a expliqué cette source. (EL)