Bruxelles, 16/05/2013 (Agence Europe) - Le Fonds monétaire international a approuvé mercredi 15 mai le versement de 86 millions d'euros du montant total d'un milliard de sa participation au plan d'aide chypriote.
Malgré les démarches « audacieuses » prises pour venir en aide au secteur bancaire et les mesures « ambitieuses » de consolidation budgétaire, la directrice générale de l'institution de Washington, Christine Lagarde, a souligné les « défis significatifs » qui se présentent sur tous les fronts. Chypre doit « restaurer la crédibilité dans le secteur bancaire et réduire les déficits budgétaires et la dette à des niveaux viables », a-t-elle estimé, ajoutant qu'il n'y avait « pas de place pour des dérapages dans la mise en œuvre du programme ». À ses yeux, il est important de renforcer la supervision et le contrôle des banques et des coopératives, tout en améliorant le cadre pour la lutte contre le blanchiment d'argent.
Sur le plan budgétaire, Mme Lagarde prévoit déjà que des mesures supplémentaires, à hauteur de 5% du PIB, seront nécessaires dans les années à venir afin de contenir l'endettement de l'État.
Le FMI prévoit pour l'île une récession de l'ordre de 9% pour 2013 et de 4% en 2014, avant un léger regain en 2015. La croissance restera modeste pendant plusieurs années « comme le pays s'adapte à son modèle d'affaires, se stabilisant tout juste en-dessous de 2% d'ici à 2020 ». En outre, les mesures restrictives du mouvement des capitaux « devraient être assouplies à un rythme compatible avec le maintien de la stabilité financière, tout en minimisant les distorsions de l'activité économique », préconise-t-elle.
Le FMI pour une recapitalisation directe des banques. Dans un document de travail qui a fuité sur Internet, deux membres du FMI considèrent que le premier plan d'aide (qui comprenait une mise à contribution générale des déposants) « était inacceptable puisqu'il imposait des pertes aux petits déposants garantis et ne faisait aucune différence entre les banques solvables et insolvables ». S'ils reconnaissent que le second programme préserve les dépôts garantis (sous 100 000 euros), n'impose pas de pertes aux déposants des banques solvables et réduit le fardeau sur les contribuables, ils considèrent qu'une recapitalisation directe par le Mécanisme européen de Stabilité (MES) « aurait été de loin une meilleure option, avec de plus grandes chances de succès ». Cependant, les modalités de ce processus n'ayant pas encore été arrêtées par les États membres, cette option n'était « pas disponible ». (EL)