Bruxelles, 16/05/2013 (Agence Europe) - Les États membres de l'Union européenne se sont promis, jeudi 16 mai, de réformer leurs systèmes d'enseignement pour les rendre plus modernes et plus performants, afin de donner aux étudiants le bagage indispensable pour réussir leur vie sociale et professionnelle. L'importance des métiers de l'enseignement et de la qualité de l'enseignement pour l'acquis de cet apprentissage ne fait plus le moindre doute alors qu'un « bon » enseignant est fréquemment cité comme étant directement responsable des résultats de l'étudiant.
Les ministres de l'Éducation ont tenu jeudi un débat intitulé « Garantir un corps enseignant de la plus haute qualité pour favoriser l'amélioration des acquis de l'apprentissage ». « On ne pourra pas réduire le nombre d'abandons scolaires et améliorer les compétences nécessaires à moins d'aider les enseignants et les éducateurs. Ils doivent pouvoir faire le meilleur travail possible », a déclaré la commissaire responsable de l'Éducation, Androulla Vassiliou.
Le métier d'enseignant et d'éducateur a beaucoup évolué et est devenu plus complexe. Les nouvelles technologies se sont invitées dans la panoplie d'instruments disponibles pour enseigner, il faut préparer les jeunes aux métiers d'avenir, dont certains n'existent pas encore, il faut les motiver dans un contexte socio-économique peu propice. La profession est par ailleurs en crise, avec un manque de remplaçants pour prendre la relève des professeurs qui partent à la retraite. Les politiques de recrutement et de sélection des professeurs sont rarement systématiques dans les États membres et ces derniers sont peu nombreux à disposer de normes récapitulant les compétences nécessaires dont doivent disposer les formateurs d'enseignants, a remarqué la commissaire Vassiliou.
Comment valoriser la profession et donner le goût d'enseigner ? Quelle(s) formation(s) doivent suivre les enseignants pour une mise à jour de leurs compétences par rapport aux objectifs de qualité visés par les réformes engagées ? Afin de dynamiser le débat, la présidence irlandaise avait invité deux experts. M. Pasi Sahlberg, directeur général du centre finlandais pour la mobilité et la coopération internationales, a présenté le modèle finlandais, particulièrement performant. Par exemple, une moyenne de dix candidats se présentent pour un poste de professeur d'université, là où il manque de candidats dans d'autres États membres. Selon M. Sahlberg, les politiques n'accordent pas assez d'attention à la formation des enseignants. Il ne faut pas, par ailleurs, se focaliser uniquement sur la qualité de l'enseignement mais également sur les conditions dans lesquelles les enseignants dispensent leur savoir. « Le moment est venu d'entreprendre des réformes hardies », a déclaré l'expert. Pour Christine Blower, présidente du Comité syndical européen de l'éducation, les enseignants ont besoin d'un encadrement politique pour les épauler et leur permettre de se réaliser, encadrement qui leur permette par ailleurs de concilier vie professionnelle et vie privée. Dans leurs exposés, les États membres ont parlé d'ambition plus grande pour le métier d'enseignant et de la nécessité de se détacher du modèle anglo-saxon qui accorde une importance quasi unique aux matières mathématiques et scientifiques. Développons d'autres critères de qualité pour nous démarquer, comme l'innovation et l'esprit d'entreprise a suggéré Malte. La Hongrie a parlé des qualités humaines dont doivent disposer les enseigants pour capter l'attention des élèves, indispensables pour une tranmission fructueuse du savoir. La France a souligné la surcharge de responsabilités qui accablent aujourd'hui les enseignants, sans que leur formation ait évolué pour autant. À cela s'ajoutent des salaires peu attractifs. La Suède a adopté pour sa part un décret accordant une prime de 10% aux professeurs jugés les plus performants. Une mesure contestable, admet le ministre, mais c'est une solution pour attirer les meilleurs candidats à la profession, a-t-il ajouté. L'Italie a salué le programme « Erasmus pour tous » qui, en encourageant la mobilité sociale et géographique des enseignants leur permet d'échanger leurs idées et de se stimuler mutuellement. En conclusion, Christine Blower appelle à un meilleur dialogue entre les politiques et les professionnels de l'enseignement. Pasi Sahlberg invite pour sa part les États membres à tirer parti de la richesse des écoles et de leurs professeurs. Plus de liberté et d'autonomie accordées au corps enseignant et aux directeurs est souhaitable, « pour qu'ils puissent donner quelque chose de plus ». C'est une démarche téméraire, a-t-il reconnu. (IL)