Bruxelles, 16/04/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont demandé, lundi 15 avril à Strasbourg, dans la soirée, de sanctionner l'Islande et les Îles Féroé dans le conflit des stocks de maquereau pêchés dans l'Atlantique du Nord-Est. Cette 'guerre' a débuté en 2009, lorsque ces pays ont augmenté de manière unilatérale et exponentielle leurs quotas de maquereau. Antolín Sánchez Presedo (S&D, espagnol) et Alain Cadec (PPE, français), notamment, ont précisé que les îles Féroé ont quintuplé leur quota entre 2009 et 2012, et l'Islande a multiplié son quota de 2006 par 23. Les députés s'inquiètent pour la durabilité du stock de maquereaux.
Le règlement de 2012 sur la pêche non durable permet d'imposer des sanctions aux États qui ne coopèrent pas à la gestion d'un stock commun et appliquent des mesures de gestion non durable. Ce règlement permet notamment la restriction des importations de poissons. Tous les députés ont demandé à la Commission d'actionner ce mécanisme.
L'option des sanctions commerciales est sur la table
« Il faut prendre des mesures commerciales » contre ces pays, a dit Pat the Cope Gallagher (ADLE, irlandais), à l'origine de cette question.
« Nous suivons la situation de très près. Nous essayons, par différents moyens, de mettre la pression sur les gouvernements de ces pays afin de les amener à changer leur politique », a dit la commissaire à la Pêche, Maria Damanaki. Elle espère, tout en concédant que cela risque de prendre du temps, qu'il sera possible de revenir à des négociations avec tous les États côtiers afin d'arriver à un véritable accord sur ce sujet. Entre-temps, l'option des sanctions commerciales est, « bien entendu, sur la table », a dit la commissaire. Elle a signalé qu'il fallait évaluer avec attention deux facteurs: s'assurer que les conditions juridiques sont remplies et faire attention au timing de nos actions. Sur le maquereau, la Commission discute avec les pays de l'UE des options possibles. La semaine prochaine, Mme Damanaki va rencontrer le ministre norvégien à Bruxelles. Elle espère avoir une décision commune avec le gouvernement novégien sur ce dossier. La Commission a déjà examiné les aspects de procédures afin d'accélérer le processus de prise de décision « si et lorsque nous seront prêts à aller de l'avant ».
Sur le problème du hareng atlanto-scandien (les îles Féroé ont quitté la table des négociations et ont décidé unilatéralement le 26 mars dernier de tripler leur quota), la situation est plus claire. De fait, Mme Damanaki a donné son accord pour lancer la procédure interne à la Commission devant aboutir à la prise de sanctions commerciales contre les îles Féroé, dans le cadre de cette affaire du hareng atlanto-scandien.
Jaroslaw Leszek Walesa (PPE, polonais) a dénoncé le comportement « irresponsable » de ces pays.
Dès que la biomasse de cette espèce a commencé à grimper, « nous avons assisté à une véritable ruée des pêcheurs islandais et féroïens sur les maquereaux », a déclaré Isabelle Thomas (S&D, française), au nom de son groupe. Elle estime que les conséquences écologiques sur la biomasse, de même que la baisse des quotas européens, « ne se sont pas fait attendre et la situation économique des pêcheurs de l'Union est aujourd'hui compromise ». Il ne s'agit donc plus de suivre la situation de près, « Madame la commissaire, ni de se contenter de communiquer », a-t-elle dit avant de demander que ces comportements, « irresponsables sur les plans écologique et économique », soient sanctionnés. Elle suggère d'inscrire ces États sur la liste de ceux qui ne respectent pas la pêche durable et même de remettre en cause les accords de pêche avec ces acteurs.
« Qu'attend la Commission pour adopter des sanctions ? Cela permettra certainement le retour à la raison de l'Islande et des Îles Féroé », a dit Alain Cadec (PPE, français). Il estime même que ce n'est pas en persévérant dans cette « attitude provocatrice que l'Islande se rapproche d'une entrée dans l'Union européenne ». (LC)