Bruxelles, 16/04/2013 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé à une approche mondiale contre la fraude et l'évasion fiscales, dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, lundi 15 avril, à la veille de la réunion des ministres des Finances des pays du G20, les 18 et 19 avril, à Washington.
L'évasion fiscale coûte à l'UE 1 000 milliards d'euros par an, « une somme qui pourrait être consacrée à l'éducation, à la formation, à la santé et à des investissements dans les infrastructures », a-t-il indiqué, insistant sur le fait que l'UE est en train de mettre en place une action commune sur l'échange automatique d'informations entre administrations fiscales, ainsi que sur la lutte contre les paradis fiscaux et la planification fiscale agressive. « Mais nous savons que les fraudeurs sont habiles à profiter des lacunes et des failles dans les différents régimes fiscaux dans le monde. Nous sommes donc convaincus de la nécessité d'une approche globale visant à améliorer la gouvernance fiscale partout », a déclaré le président. Pour ce faire, l'UE compte développer des synergies entre ses propres initiatives et le travail en cours à l'OCDE et au G20, un « forum très efficace pour coordonner une réponse mondiale » à la crise financière et économique. En particulier, les travaux devraient se concentrer, selon lui, sur la compatibilité de normes pour l'échange automatique d'informations à l'échelle mondiale, en tenant compte des particularités et des exigences juridiques de tous les pays concernés. « L'UE soutiendra fermement un effort commun vers une nouvelle norme multilatérale dans le cadre de l'OCDE », a-t-il annoncé.
À cet égard, cette organisation planche actuellement sur des mesures contre les paradis fiscaux et contre les montages via des sociétés écrans (trusts, fondations ou autres) qui rendent particulièrement difficile l'identification des propriétaires réels des comptes offshore. La création d'un registre international des trusts pourrait être un premier pas dans la lutte contre ce phénomène qui pourrait figurer à l'ordre du jour du G20. (FG)