Bruxelles, 16/04/2013 (Agence Europe) - Environ la moitié des universités européennes ont déjà adopté une stratégie d'internationalisation et environ 90% d'entre elles estiment qu'une stratégie européenne en la matière leur apporterait une valeur ajoutée. Voilà les chiffres qui ressortent d'une enquête en ligne lancée par l'Association européenne des universités (EUA). À l'occasion de la conférence annuelle de l'EUA, qui s'est tenue le 11 avril dernier à Ghent, la commissaire Androulla Vassiliou responsable notamment de l'éducation et de la formation, a annoncé une nouvelle stratégie européenne pour l'internationalisation de l'éducation qui sera présentée en juin, en remerciant l'EUA pour les informations délivrées par son enquête. « Nous devons être préparés au niveau européen à relever les défis en matière d'éducation, qui s'étendent au-delà des frontières nationales (…) L'Union européenne a un rôle important à jouer pour aider les universités à répondre à ces défis, même si bon nombre d'entre elles s'y attellent déjà. Ce sont nos efforts, combinés à tous les niveaux, qui nous permettront d'assurer la qualité de l'enseignement supérieur partout en Europe » a déclaré la commissaire.
L'internationalisation augmente la qualité de l'enseignement supérieur en Europe et contribue à l'innovation et à la création d'emplois en attirant les étudiants et les travailleurs qualifiés étrangers. D'ici 2020, le nombre d'étudiants dans le monde qui poursuivent leurs études à l'étranger sera de 7 millions contre 4 millions aujourd'hui. La majorité d'entre eux seront originaires d'Asie, d'Amérique latine et du Moyen-Orient. Selon les derniers chiffres de l'OCDE, la part d'étudiants européens qui étudient à l'étranger a représenté 22,7% du total en 2010. Trois quarts d'entre eux ont choisi un autre pays européen pour étudier. La Commission européenne s'est engagée à aider ce processus de mobilité des étudiants en proposant dans le nouveau programme « Erasmus pour tous » (2014-2020) un soutien plus important aux universités. Le programme prévoit des mesures d'incitation financières pour encourager les stratégies d'internationalisation des universités européennes. L'objectif est de mettre fin à la fragmentation actuelle des différents programmes d'internationalisation d'enseignement supérieur existants en créant des synergies entre les divers instruments, a expliqué Mme Vassiliou. D'une part en rehaussant l'attractivité et l'excellence de l'enseignement supérieur en Europe, et d'autre part en en soutenant le développement et la modernisation des systèmes d'enseignement supérieurs des pays tiers. Concrètement, « Erasmus pour tous » soutiendra trois types d'actions: 1) un plus grand soutien à la mobilité en vue d'obtenir un diplôme, plus spécifiquement les diplômes de master conjoints délivrés par des consortia d'universités, qu'elles soient de l'Union européenne ou non ; 2) une ouverture du programme de mobilité Erasmus aux universités qui ne sont pas basées dans l'Union européenne ; 3) un soutien à l'édification de systèmes d'enseignements supérieurs de qualité dans les pays tiers. Pour les chercheurs, la Commission prévoit des aides financières qui seront délivrées via le programme d'action Marie Curie, afin de soutenir leur mobilité et leur formation, en Europe et ailleurs dans le monde. La commissaire s'est, par ailleurs, félicitée du soutien apporté par l'EUA au nouveau classement international des universités présenté en décembre par la Commission et qui se veut plus réaliste et pratique que les classements existants (EUROPE n° 10754). L'EUA participera au comité consultatif, un engagement encouragé par Androulla Vassiliou. « U-Multirank n'est pas une initiative faite pour les universités mais avec les universités », a-t-elle rappelé.
Nouveau rapport de l'EUA sur les classements des universités
L'EUA a présenté, à l'occasion de sa conférence annuelle, un nouveau rapport sur les classements des universités (« Global university rankings and their impact II »). Un premier rapport avait été publié en 2011. Ce rapport conclut que: 1) de nouveaux classements sont encore apparus depuis 2011 ; 2) l'influence des classements est de plus en plus grande sur les universités et les politiques publiques ; 3) l'approche adoptée par ces nouveaux classements est davantage orientée vers les utilisateurs (comme le U-Multirank de la Commission de 2012) ; 4) ces nouveaux classements accordent une attention toujours très importante à la réputation des universités en matière de recherche et continuent à négliger la recherche menée dans le domaine des arts, des sciences humaines et des sciences sociales. Les performances en matière de qualité de l'enseignement sont également peu prises en compte.
Selon l'EUA, la multiplication des classements et l'influence grandissante de ceux-ci risquent de mettre trop de pression sur les universités, désireuses de conserver le meilleur profil. L'EUA a décidé de suivre au plus près ces nouveaux développements et publiera ses conclusions, une fois ce travail de recherche terminé. (IL)