Bruxelles, 16/04/2013 (Agence Europe) - Face à la sévérité de la récession dans laquelle l'île se retrouvera plongée ces deux prochaines années (il est prévu que le PIB recule d'environ 12% d'ici 2015), le gouvernement chypriote multiplie ses efforts pour sauver les meubles et assurer le redémarrage de son économie. Le président chypriote, Nicos Anastasiades, a rencontré lundi 15 et mardi 16 avril ses différents ministres dans une tentative de jeter les bases d'une croissance solide, via des mesures ciblées, mais également d'attirer les investissements étrangers. Cet éventail de mesures doit être présenté jeudi à la presse.
La Commission européenne s'est montrée encline, mardi 16 avril, à soutenir les efforts de Nicosie. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a répondu à une lettre envoyée par M. Anastasiades, qui lui avait souligné « la nécessité d'un changement de politique de l'UE » envers son pays, en lui accordant une aide supplémentaire, selon ses propres mots. Le président chypriote n'entendait bien entendu pas, par là, un prêt plus important. Dans sa réponse, M. Barroso écrit que la Commission se tient prête à faire « tout ce qui est en son pouvoir pour aider Chypre » à limiter l'impact de la crise actuelle. M. Barroso propose notamment « d'étudier avec les autorités budgétaires la possibilité d'anticiper l'assistance future pour Chypre » du budget de l'UE pour la période de programmation 2014-2020. Selon le compromis du Conseil européen, l'île se verra allouer 945 millions d'euros sur cette période (514 millions au titre de la politique de cohésion et 431 millions pour le développement rural). Cette enveloppe ne pourra pas être revue à la hausse comme le demande Nicosie, écrit-il, puisqu'au terme des négociations « très difficiles », aucune marge n'est restée non allouée. M. Barroso suggère alors une 'évaluation des besoins' pour s'assurer que les fonds disponibles transitent vers les bons secteurs.
Enfin, M. Barroso propose de soutenir une requête de Nicosie d'étendre les critères d'éligibilité pour l''initiative pour l'emploi des jeunes'. Cependant, l'île y est déjà éligible puisqu'elle remplit de facto le seul critère qui est que le taux de chômage dans les régions soit supérieur à 25%. Selon les derniers chiffres d'Eurostat, celui-ci s'établissait à 31,8% en février 2013 à Chypre.
Dimanche, à Limassol, le président chypriote a exprimé sa déception face aux tentatives de certaines entreprises européennes d'attirer les fonds investis à Chypre. Promettant la nationalité chypriote aux investisseurs non résidents qui ont perdu au moins trois millions d'euros dans le cadre du plan d'assistance financière. La législation actuelle sera également assouplie afin d'attirer les investissements. (EL)