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Bulletin Quotidien Europe N° 10814
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Les Européens se laissent le temps de la réflexion

Dublin, 25/03/2013 (Agence Europe) - Les Français et les Britanniques semblaient avoir assoupli leur position sur la levée ou un large amendement de l'embargo sur les armes en Syrie, le 22 mars, se laissant jusqu'à fin mai et la révision des sanctions pour prendre une décision. « Nous avons deux mois avant la fin de la révision des sanctions », a indiqué le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, à l'issue de la première journée du Conseil Affaires étrangères informel. Ce qui va se passer (au niveau des sanctions) dépend de ce que qui va se passer sur le terrain, a-t-il expliqué. Le Français Laurent Fabius a ajouté que la date pour se mettre d'accord est « la date de la fin mai et il y a des discussions qui doivent continuer ». Une source européenne a précisé que, lors de la discussion, aucun État membre n'a menacé d'agir seul.

Pas d'avancées notoires

Si la France et le Royaume-Uni seraient soutenus par la Hongrie et la Slovénie, la plupart des États membres restent sceptiques sur cette idée de lever ou d'assouplir l'embargo. « On reste sur ce qu'on a décidé jusqu'au 1er juin. On n'a pas bougé au fond », a expliqué le Luxembourgeois Jean Asselborn. « Je ne vois pas une majorité pour changer la question de l'embargo », a précisé le ministre autrichien, Michael Spindelegger, expliquant, tout comme son homologue irlandais, Eamon Gilmore, qu'il ne « voit pas comment on peut avoir des garanties dans un conflit pour éviter que les armes soient utilisées par d'autres (que ceux à qui elles ont été initialement destinées) ». « Je n'ai pas entendu parler de garanties (par Fabius). Non », a-t-il ajouté. Lors du Conseil européen du 15 mars, le président français, François Hollande, avait assuré avoir des garanties.

Solution politique et assouplissement des sanctions économiques ?

Tous les États membres sont d'accord sur la nécessité d'une solution politique. « L'UE est unie dans le besoin d'avoir une solution politique », a expliqué la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton. « Personne ne veut une solution militaire mais tout le monde veut une solution politique. La question est comment on y arrive », a dit le ministre suédois Carl Bildt.

« Toutes les options sont sur la table » et la totalité des sanctions doit être révisée, a précisé M. Gilmore. Ainsi, l'UE regarde comment augmenter son assistance à l'opposition syrienne « modérée », « en particulier à travers un soutien politique et économique », a précisé Mme Ashton. Certains États membres, tels que l'Allemagne, souhaiteraient que des sanctions économiques soient levées en partie sur les zones contrôlées par l'opposition. « L'UE est déterminée à augmenter la pression sur le régime syrien pour qu'il participe à un processus politique sérieux en ligne avec le communiqué de Genève », a ajouté Mme Ashton.

Les discussions sur les sanctions de l'UE vont continuer dans les groupes de travail mais aussi lors des Conseils Affaires étrangères des 22 avril et 27 mai prochains.

Par ailleurs, Mme Ashton a fermement condamné, le 23 mars, l'attentat suicide dans la mosquée de Al-Mazraa à Damas le soir du 21 mars, qualifiant l'acte d' « abominable ». « Je suis scandalisée par la détérioration de la situation en Syrie et le niveau inacceptable de violence », a-t-elle ajouté, précisant que l'UE a constamment condamné toutes les attaques, spécialement quand elles ciblent indistinctement des victimes innocentes. Quarante neuf personnes, dont le dignitaire religieux sunnite, Mohammad Saïd Al-Bouti, pro régime, ont été tuées dans l'attentat. De nombreuses personnes ont été blessées. (CG)

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