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Bulletin Quotidien Europe N° 10814
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) japon

Coopération et libre-échange, les négociations sont lancées

Bruxelles, 25/03/2013 (Agence Europe) - Malgré le report du sommet de Tokyo, dû à la crise chypriote, dirigeants européens et nippons donnent officiellement le coup d'envoi des négociations pour des accords de coopération politique et de libre-échange.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, se sont entretenus par téléphone, lundi 25 mars, pour lancer officiellement des négociations en vue de deux accords distincts, l'un de coopération politique, l'autre commercial. Les dirigeants européens ont dû renoncer à la dernière minute, en raison de la crise chypriote et de l'Eurogroupe du 24 mars, à se rendre à Tokyo, où devait se tenir le 21ème sommet bilatéral UE/Japon, qui est donc reporté à une date ultérieure, encore non convenue à ce stade.

Malgré ce contretemps, MM. Van Rompuy, Barroso et Abe ont donc donné lundi le coup d'envoi aux négociations pour un accord de partenariat visant à développer le dialogue et la coopération bilatérale sur un large éventail de questions politiques et globales. Ce futur accord cadre vise à approfondir la coopération sectorielle et la coordination pour relever les défis mondiaux et régionaux. Il couvrira la politique étrangère et de sécurité, la coopération au développement, le développement durable, la justice, l'économie, la recherche et l'innovation, l'éducation et la culture. Les pourparlers démarreront concrètement en avril.

Les trois dirigeants ont également donné leur aval au lancement de négociations de libre-échange, qui couvriront la libéralisation tarifaire, la levée des obstacles non tarifaires et la convergence réglementaire, les services, l'investissement et les marchés publics.

S'il s'est félicité du lancement officiel des négociations commerciales, le commissaire Karel De Gucht, qui a de son côté fait le déplacement à Tokyo, a rappelé lors d'un discours devant des représentants des patronats japonais et européen que le Japon devra faire d'importants efforts pour toucher au but. « Il y a encore trop d'obstacles (à l'accès au marché nippon). Nous sommes confrontés à des règlements discriminatoires, à des normes différentes ou à des restrictions dans les commandes publiques », a-t-il regretté, précisant que les exportations européennes vers l'archipel ont reculé ces dernières années, passant de la troisième place il y a dix ans à la septième aujourd'hui. Le commissaire au Commerce a jugé que la levée de ces barrières non tarifaires constituerait « la clé » des négociations. M. De Gucht a aussi rappelé que le mandat de négociation européen était doté d'une clause de révision en 2014, pour faire le point sur les progrès nippons dans l'application des feuilles de route sur les barrières non tarifaires, et d'une clause suspensive si les avancées sont insuffisantes. Le premier round de négociations est programmé pour la semaine du 15 au 19 avril à Bruxelles.

En 2011, l'UE représentait 11% des échanges du Japon, faisant de l'archipel son troisième partenaire commercial. Le Japon est quant à lui le septième marché d'exportation de l'UE. La même année, les exportations de l'UE vers le Japon ont atteint 49 milliards d'euros, ses importations depuis son partenaire est-asiatique 69 milliards d'euros. L'UE connaît un déficit commercial récurrent avec l'archipel nippon. Elle reste le troisième marché d'exportation du Japon et sa deuxième source d'importation après la Chine. Par ailleurs, les investissements directs étrangers de l'UE au Japon sont encore faibles par rapport aux autres pays industrialisés. L'accord de libre-échange souhaité par les deux partenaires engendrerait une hausse du PIB de l'UE de 0,6% à 0,8%. Les exportations de l'UE vers le Japon pourraient augmenter de 32,7% alors que les exportations nippones augmenteraient de 23,5%.

Au cours de leur entretien téléphonique lundi, les dirigeants européens et nippons ont par ailleurs réaffirmé leur « engagement global continu » en faveur d'une croissance forte, équilibrée et durable et de la stabilité financière à l'échelle de la planète. Dans ce contexte, MM. Van Rompuy, Barroso et Abe ont échangé leurs vues sur la situation à Chypre et les mesures visant à renforcer l'architecture de l'Union économique et monétaire. Le Premier ministre Abe a confirmé que le Japon maintiendrait son soutien aux efforts de l'UE à cette fin, décrivant par ailleurs les mesures expansives que son gouvernement a prises pour relancer l'économie du Japon. Bruxelles et Tokyo ont par ailleurs réaffirmé la nécessité de respecter tous les engagements du G20. Enfin, dirigeants européens et nippons ont évoqué les questions de paix et de sécurité régionales, dont l'Asie de l'Est, la Syrie et le Moyen-Orient, le Mali et le Sahel. (EH)

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