Bruxelles, 25/02/2013 (Agence Europe) - Le commissaire appelle le gouvernement canadien à bouger, au risque de voir capoter les négociations pour un accord économique et commercial (CETA).
S'il ne perd pas espoir de conclure « rapidement » les négociations de libre-échange avec le Canada, Karel De Gucht presse Ottawa de revoir son offre. « Les options présentes sur la table de négociation n'étaient pas satisfaisantes, je n'ai donc pas conclu d'accord », a-t-il expliqué jeudi 21 février devant la commission du commerce international du Parlement européen, l'informant des résultats de sa réunion avec son homologue canadien, Ed Fast, les 6 et 7 février à Ottawa. « Les Canadiens doivent faire plus de concessions dans plusieurs domaines, sinon, il n'y aura pas d'accord », a averti le commissaire, ne donnant toutefois aucune précision.
Les exigences du Canada en matière agricole sont une des raisons de l'échec des parties à conclure, début février, l'UE craignant que les concessions faites à Ottawa constituent un précédent pour les négociations à venir avec les États-Unis. Les arbitrages (tradeoffs) auxquels ont procédé MM. De Gucht et Fast ont buté sur le chapitre de l'accès au marché agricole. Le Canada présente une demande ambitieuse sur les contingents tarifaires pour ses exportations de bœuf et de porc, tandis que l'UE souhaite une ample ouverture du marché canadien pour ses produits laitiers, ses fromages en particulier. Le commissaire De Gucht et son collègue Dacian Ciolos ont jugé inacceptable l'ouverture d'un contingent tarifaire à droit nul de 100 000 tonnes demandée par la partie canadienne pour ses exportations de viande bovine sur le marché européen. L'UE serait prête, selon des sources agricoles, à consentir un volume de 50 000 tonnes pour le bœuf et un contingent de 80 000 tonnes pour le porc, tandis que le Canada ouvrirait un contingent de 15 000 tonnes pour les fromages européens.
Outre le dossier agricole, d'autres questions importantes restent sur la table dont, entre autres, les produits pharmaceutiques et les dispositions relatives aux marchés publics, plus précisément les transports publics urbains, selon une source communautaire.
Le CETA vise à accroître de 20% un commerce bilatéral qui a atteint plus de 52,5 milliards d'euros pour les marchandises en 2011 et plus de 20 milliards d'euros pour les services en 2010, et à stimuler les flux d'investissements déjà importants entre les deux partenaires. Les stocks d'investissement de l'UE au Canada ont atteint 197,4 milliards d'euros en 2010, ceux du Canada dans l'UE 143,1 milliards d'euros. Lancées en 2009, les négociations sont entrées dans leur dernière phase à l'automne 2012. (EH)