Bruxelles, 25/02/2013 (Agence Europe) - LeaderShip 2020 se concentre sur les qualifications, l'accès aux marchés tiers, l'accès au financement et la R&D. Les régions sont étroitement impliquées.
La Commission européenne a présenté le 20 février sa nouvelle stratégie à court et moyen terme pour renforcer la compétitivité de la construction navale et de la technologie maritime européennes. Élaborée en collaboration avec l'industrie - représentée par l'association Sea Europe, les syndicats, les régions maritimes et les États membres, LeaderShip 2020 vise à donner un coup de pouce à un secteur qui emploie en Europe plus de 500 000 personnes et a un chiffre d'affaires annuel moyen de près de 72 milliards d'euros, mais fait face à une forte concurrence internationale et aux effets d'une crise sans précédent. Succédant à LeaderShip 2015 mise sur pied en 2003, LeaderShip 2020 implique une plus large gamme d'acteurs. Toutes les industries de technologie maritime sont impliquées, ainsi que l'industrie éolienne, les armateurs et l'industrie du dragage. Les régions sont également étroitement impliquées dans le processus.
Cette nouvelle stratégie repose sur des recommandations qui vont de l'utilisation plus large des instruments de l'UE pour favoriser de nouvelles compétences et qualifications, aux partenariats public-privé (PPP) pour une nouvelle R&D maritime, aux nouvelles possibilités de financement de la BEI et aux stratégies de spécialisation intelligente dans la politique régionale. Pour le commissaire à l'Industrie, Antonio Tajani, LeaderShip 2020 donnera une nouvelle impulsion à la construction navale et à l'industrie maritime dans les domaines de l'innovation, du verdissement, de l'application de nouvelles technologies et la diversification vers de nouveaux marchés émergents, tels que l'énergie éolienne off-shore.
Emploi et compétences. La stratégie souligne le problème des pénuries de compétences pour le secteur et propose une approche systématique au niveau communautaire pour cartographier les compétences disponibles et répondre aux besoins de formation et de compétence grâce à l'utilisation de programmes comme le programme pour le changement social et l'innovation 2014-2020, et en impliquant les États membres et les régions à travers la création de réseaux régionaux. LeaderShip 2020 repose aussi sur une communication plus efficace de la vision à long terme des industries maritimes: les outils existants fournis par les programmes et initiatives communautaires devraient être mis à profit pour promouvoir l'image séduisante d'une carrière dans l'industrie de la technologie maritime européenne. Enfin, la stratégie recommande la promotion de la mobilité et l'exploration des moyens d'harmoniser les diplômes et les systèmes d'accréditation dans l'UE, afin de répondre aux besoins du marché et d'améliorer l'employabilité des diplômés.
Accès aux marchés et des conditions équitables. Des actions envisagées dans ce chapitre impliquent les organisations internationales telles que l'OCDE, l'OMC et l'OIT sur les droits de propriété intellectuelle et les marchés publics. Elles se concentrent sur la nécessité de redéfinir le rôle du groupe de travail OCDE sur la construction navale, pour envisager de nouvelles façons de réglementer les pratiques commerciales déloyales et non durables. Cela inclut le suivi des interventions gouvernementales et l'évolution des prix. De nouvelles méthodes pour réduire la capacité et la révision des règles communes devraient également être explorées, de même que la conception d'un cadre général et d'une stratégie pour inclure des objectifs d'intérêt public dans les marchés publics et des niveaux plus élevés d'innovation, et appliquer une plus grande réciprocité dans l'ouverture des marchés entre l'UE et les pays tiers.
Accès au financement. Il est devenu le facteur le plus important dans la course aux contrats de construction internationaux. Des méthodes pour résoudre les problèmes d'accès aux ressources financières et stimuler le financement des améliorations environnementales incluent le recours à la BEI et les possibilités d'élargir ses activités de prêt pour des projets liés à la navigation verte, aux énergies renouvelables off-shore, et à la modernisation. La stratégie envisage aussi une nouvelle mesure de financement à long terme des navires, à définir entre la Commission, les capitales, les opérateurs financiers et l'industrie. Enfin, la stratégie envisage la possibilité de créer un PPP « bleu », en ligne avec le respect des règles relatives aux aides d'État.
R&D et innovation. LeaderShip 2020 suggère que l'industrie développe une feuille de route pour des PPP au niveau communautaire à l'horizon 2020 visant à concentrer la R&D maritime sur les technologies sobres en carbone, l'efficacité énergétique et la sécurité maximale des navires. La faisabilité d'un PPP sur les énergies marines renouvelables doit également être explorée. Enfin, la stratégie table sur la possibilité d'allouer des fonds structurels 2014-2020 pour la diversification de l'industrie des technologies maritimes dans des nouveaux marchés sectoriels, dans le contexte des stratégies régionales pour la spécialisation intelligente. (EH)