Bruxelles, 25/02/2013 (Agence Europe) - Bruxelles et Kiev restent engagés à signer lors du sommet du Partenariat oriental à l'automne, mais l'Ukraine doit bouger sur le chapitre politique.
Si les dirigeants européens et ukrainien ont de nouveau souligné dans un communiqué commun, le 25 février lors du sommet UE-Ukraine, leur engagement à signer l'accord d'association lors du sommet du Partenariat oriental en novembre 2013 à Vilnius, ce geste reste toujours conditionné à la mise en évidence par l'Ukraine « d'une action déterminée et de progrès tangibles » dans les réformes de la justice sélective, des élections et de l'agenda d'association. Les présidents de la Commission et du Conseil européen, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy, et le président ukrainien Viktor Ianoukovitch ont ainsi convenu de faire de cette question « une priorité ». Le président Ianoukovitch a promis que son pays « fera tout son possible pour faire sa part du travail », alors que des progrès sont attendus d'ici mai (EUROPE n° 10791).
Les parties ont convenu de l'importance d'un suivi des irrégularités électorales et la nécessité de mettre pleinement en œuvre les recommandations de l'OSCE. Elles ont souligné que la règle de droit avec un système judiciaire indépendant était un élément critique pour l'accord d'association. Elles ont aussi salué le lancement du dialogue informel sur le pouvoir judiciaire, en février 2013 dernier, et apporté leur soutien à la mission de surveillance du Parlement européen relatée par Pat Cox et Aleksander Kwasniewski.
Un soutien de 610 millions d'euros. Les dirigeants ont salué la signature du protocole d'entente et de l'accord de prêts pour l'assistance macro-financière de l'UE à l'Ukraine, à hauteur de 610 millions d'euros, qui viendra compléter un futur accord entre Kiev et le FMI. Cet accord « soutiendra la balance des paiements de l'Ukraine au cours des années à venir. C'est la plus grande aide macro-financière jamais accordée et elle représente une démonstration claire de notre soutien à la prospérité de l'Ukraine », a précisé M. Barroso.
Dirigeants européens et ukrainien ont aussi pris note des progrès réalisés par l'Ukraine sur la gestion des finances publiques. Mais de nouveaux progrès de Kiev sont attendus en vue d'une assistance financière de l'UE sous la forme d'un appui budgétaire. L'UE et l'Ukraine vont lancer des consultations sur la façon dont la future aide européenne pourrait tenir compte de l'accord d'association. La finalisation des négociations sur un accord sur l'espace aérien commun sera en outre « une priorité pour 2013 ».
Régime sans visas, l'UE attend plus d'efforts de Kiev. L'Ukraine a réalisé de « grands progrès » mais n'est pas encore prête à bénéficier de la libéralisation des visas et devra encore poursuivre ses efforts pour y parvenir, a insisté M. Barroso lundi. En juillet dernier, l'UE a proposé à Kiev un accord de facilitation des visas, permettant à certaines catégories d'Ukrainiens, en l'occurrence les jeunes, les chercheurs, les ONG ou encore les journalistes, de se rendre plus facilement et à moindre frais dans l'UE. L'accord passe en ce moment pour adoption au Parlement européen et fera l'objet de conclusions du Conseil. Et, après ratification par l'Ukraine, « on espère que cet accord entrera en vigueur au second semestre 2013 », a indiqué le président de la Commission. Concernant le régime de libéralisation des visas, l'Ukraine dispose d'un plan d'action depuis fin 2010 et a déjà pris un certain nombre de mesures mais pour passer à la seconde phase, a expliqué M. Barroso, il faut encore s'assurer que « tout (soit) conforme à la situation de l'UE » et évaluer l'impact migratoire de ce régime. Si toutes ces conditions sont réunies, « alors nous passerons à la phase suivante », a-t-il ajouté.
Commerce, l'Ukraine reste engagée à libéraliser. L'UE et l'Ukraine ont convenu de l'importance de progresser sur les réformes nécessaires pour préparer la future zone de libre-échange en ligne avec l'accord d'association et promis de s'abstenir d'adopter des mesures protectionnistes. « La zone de libre-échange donnera un meilleur accès à l'Ukraine au plus grand marché intérieur du monde et apportera des avantages significatifs en termes d'accroissement des échanges, d'investissement et de modernisation économique », a rappelé M. Barroso. Convenant de l'importance d'améliorer le climat des affaires et des investissements, les partenaires ont décidé de mettre en place un dialogue informel à ce sujet.
Modernisation du GTS ukrainien, l'UE reste engagée. L'UE a promis lundi de poursuivre son appui à la modernisation du système de transport gazier ukrainien, en tant qu'« élément clé » de son propre réseau de transport énergétique. Bruxelles poursuivra, à cet égard, son dialogue avec les institutions financières internationales afin de verser le premier prêt pour le projet de reconstruction du gazoduc Urengoy-Pomary-Oujgorod. Les dirigeants ont noté avec satisfaction les progrès des connexions entre l'Ukraine et les marchés de l'UE réalisés depuis novembre 2012 par le biais de flux de gaz bidirectionnels ; les investissements réalisés par les entreprises européennes en Ukraine sont salués à cet égard. Enfin, l'UE salue les progrès de l'Ukraine dans la mise en œuvre de ses obligations relatives à la Communauté de l'énergie. (CG, avec SP et EH)