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Bulletin Quotidien Europe N° 10793
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Directive tabac, premières discussions au Parlement

Bruxelles, 25/02/2013 (Agence Europe) - La proposition de directive sur les produits du tabac a suscité un vif débat entre les députés partisans d'une proposition plus stricte et ceux qui défendent la liberté de consommation, lundi 25 février, lors de la première audition publique organisée sur le sujet à la commission ENVI du Parlement européen (EUROPE n° 10755). Une chose est sûre: les défenseurs de la santé publique doivent être ravis que le débat au Conseil soit arbitré par le ministre de la Santé irlandais, James Reilly, qui s'est déclaré personnellement en faveur d'une législation anti-tabac stricte. L'Irlande est d'ailleurs pionnière en matière de restrictions liées à l'usage du tabac. Venu défendre sa proposition et répondre à une première salve de questions, le commissaire Tonio Borg a rappelé l'objectif essentiel de la directive nouvelle mouture: décourager les jeunes de commencer à fumer. « Le goût du tabac doit avoir le goût du tabac », a-t-il martelé.

Promettant la plus grande rigueur dans ses entretiens avec l'industrie du tabac, le rapporteur Linda McAvan (S&D, britannique) a estimé d'emblée que les propositions de la Commission étaient « bonnes ». Elle a promis d'évaluer soigneusement certains aspects comme la réglementation prévue pour les cigarettes électroniques, les cigarettes aromatisées et l'étiquetage. Les rapporteurs fictifs ont également dévoilé leur avis. Pour Karl-Heinz Florenz (PPE, allemand), se limiter dans l'interdiction aux seuls arômes caractéristiques n'est pas suffisant, il faut aussi réglementer les quelque 700 substances chimiques qui entrent dans la composition du tabac. Frédérique Ries (ADLE, belge) veut davantage de prévention auprès des plus vulnérables. Le Vert suédois Carl Schlyter souhaite que les emballages neutres soient obligatoires et non facultatifs, des dispositions strictes pour les cigarettes électroniques et l'interdiction de la publicité dans les points de vente. Anna Rosbach (CRE, danoise) s'est faite l'avocat du diable: l'UE est-elle prête à renoncer aux gros bénéfices générés par l'industrie du tabac ? Oreste Rossi (ELD, italien) ne veut pas d'une législation restrictive des libertés individuelles. Si on veut légiférer sur le tabac, il faut également le faire sur l'alcool, a-t-il estimé, en soulignant les effets pervers de la législation qui susciterait, selon lui, un plus grand attrait pour les produits de contrebande. Martina Anderson (GUE/NGL, britannique) est, quant à elle, partisane d'une directive renforcée qui épouse les dispositions prévues par la Convention de l'OMS pour la lutte antitabac. Les débats seront visiblement nourris, que ce soit au Conseil, où la Pologne se profile déjà comme assez réfractaire, ou au PE, entre ceux qui estiment que la Commission ne va pas assez loin et ceux qui l'estime trop intrusive. (IL)

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