Lueur d'espoir en Europe. Dans son rapport « Investing in growth: Europe's next challenge », la société de conseil McKinsey souligne que, de tous les moteurs de croissance, les investissements privés sera celui qui devrait redémarrer le plus vite, et plus fort que lors des crises précédentes, en dépit d'une faible demande et d'un indice de confiance désespérément bas dans la zone euro. La consommation devrait en effet rester durablement atone, les ménages continuant à se désendetter. Idem pour l'investissement public, les États poursuivant leur politique de désendettement. Quant aux exportations, elles souffrent d'une demande anémique. Entre 2007 et 2011, les investissements privés en Europe ont baissé de 354 milliards d'euros (soit quatre fois la chute du PIB européen). En 2012, les investissements privés sont encore toujours au-dessous de leur niveau de 2007: les entreprises restent prudentes, emmagasinant des liquidités impressionnantes (750 milliards d'euros en 2011). Selon McKinsey, il suffirait de quelques incitants pour faire redémarrer leurs investissements, notamment en supprimant toutes les réglementations, taxes et rigidités inutiles. Le rapport en liste un grand nombre dans les secteurs de la construction, du tourisme, du transport et de l'industrie en général. Et de citer plus précisément des entraves de différentes sortes au Danemark (dans le commerce de détail), au Royaume-Uni (dans la grande distribution), en Grèce (dans le secteur du tourisme), en Allemagne (dans le secteur des machines-outils). À l'inverse, la déréglementation dans le secteur des télécoms introduite en 1995 a fait exploser la productivité du secteur. McKinsey recommande en conclusion, non pas de miser sur quelques secteurs dits d'avenir, mais de passer au peigne fin l'ensemble des secteurs économiques pour créer au sein de chacun l'environnement le plus propice à l'investissement. (IL)