Bruxelles, 07/12/2012 (Agence Europe) - La Grèce a bouclé, vendredi 7 décembre, la délicate opération de rachat de sa propre dette auprès des créanciers privés, qui vise à lui assurer la poursuite de l'aide financière octroyée par ses créanciers internationaux, dans le cadre du 2ème plan de sauvetage financier négocié en mars dernier. Contrairement aux rumeurs qui circulaient quant à une probable extension de la validité de l'offre, celle-ci a pris fin vendredi vers 17h (GMT).
Le programme visait à alléger le fardeau de la dette grecque de pas moins de 20 milliards d'euros, avec dix milliards du Fonds européen de stabilité (FESF). Cette tentative s'inscrit dans la stratégie mise sur pied fin novembre par les ministres des Finances de la zone euro afin de ramener l'endettement hellénique à 124 % du PIB à l'horizon 2020 (EUROPE n° 10739). Les résultats de cette offre devraient vraisemblablement se révéler positifs. Le quotidien grec Capital affirmait, vendredi, que les banques grecques étaient prêtes à céder 100 % des obligations souveraines qu'elles détenaient encore. Selon le journal, les 4 principales banques du pays détiennent 15 milliards d'euros sur les 62 milliards de titres toujours détenus par les investisseurs privés. Leur participation dépendaient de celle des fonds spéculatifs et autres fonds d'investissement, susceptibles de sensiblement gagner au change sur les titres qu'ils ont racheté à prix cassés ces derniers mois.
L'opération de rachat de dette, sur base volontaire, s'annonçait délicate puisque les créanciers privés étaient appelés à accepter une large décote, certains ayant déjà accepté une première fois d'essuyer une décote de 107 milliards d'euros de créances au printemps dernier. Toutefois, le président de la BCE, Mario Draghi, a refusé de constater, jeudi 6 décembre, que la charge de la dette pesait exclusivement sur le secteur privé. Selon lui en effet, c'est principalement le secteur public qui « fournit de l'argent frais ».
Les autorités grecques avaient prévu, comme mesure incitative, de garantir une couverture juridique aux banques participant à l'opération et qui, de fait, pourraient faire l'objet de poursuites des investisseurs qui se retrouveraient lésés par cette participation.
Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, avait rappelé mardi soir sur la chaîne Skai TV, que le FMI avait conditionné la poursuite de sa participation au plan de sauvetage grec à la réussite de cette opération dite de 'buyback'. Après une annonce sur les résultats du programme attendue en début de semaine prochaine, l'Eurogroupe se penchera sur le cas grec, jeudi 13 décembre. Il tranchera sur le versement d'une aide de 34,4 milliards d'euros dont la Grèce a cruellement besoin. Pour faire face à ses échéances, le pays a d'ailleurs à nouveau prévu de lever à un et six mois environ 3,375 milliards d'euros, dont les taux pourraient être plombés par la dégradation de sa note souveraine à 'défaut partiel', mercredi, par l'agence de notation Standard and Poor's. Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, l'Autorité des statistiques grecques a annoncé vendredi un nouveau recul du PIB de 6,9 % au troisième trimestre 2012. (EL)