Bruxelles, 07/12/2012 (Agence Europe) - Trois pourcents du PIB de l'Union européenne seraient engloutis par les coûts externes liés au trafic routier, comme le bruit, la pollution, les accidents, le changement climatique. C'est le calcul obtenu par une étude menée par l'université technique de Dresde (Allemagne) et présentée jeudi 6 décembre par les Verts au Parlement européen. Les Verts demandent donc une accélération de l'internalisation des coûts externes, par le biais de la législation européenne, comme l'avait prévu le Livre blanc pour le transport en 2010.
L'étude estime que chaque voiture occasionne par an 1 600 euros de coûts externes, qui ne sont pas couverts par le conducteur, mais par le reste de la société, donc aussi les autres citoyens qui ne possèdent pas de voiture. Par an, cela équivaut à des coûts de 373 milliards d'euros, soit à peu près 3 % du PIB de l'UE, principalement dus aux accidents et aux effets du changement climatique.
Le Livre blanc pour le transport avait établi la nécessité d'internaliser ces coûts ; cela permet de fixer le prix réel du transport routier. Or, aucune mesure concrète n'a depuis lors été formulée par la Commission européenne à ce sujet ; seule l'Eurovignette pour les poids lourds en a tenu compte. C'est pourquoi les Verts attirent l'attention du législateur pour étendre ce concept dans un maximum de législations. Les députés pour leur part ont déjà introduit des amendements en ce sens dans les propositions législatives liées au Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe et aux orientations du Réseau transeuropéen de transport.
Le porte-parole des Verts sur le transport, Michael Cramer, fustige le fait qu'« il a été répété continuellement que le trafic routier est la vache à lait de l'UE. Or cette nouvelle étude montre que le contraire est vrai ». Il reconnaît que l'usage de la voiture offre des bénéfices indéniables aux citoyens européens, mais tant que les coûts externes ne seront pas internalisés les choix de mobilité ne seront pas efficaces. Il précise que « nous pouvons éviter une large partie de ces coûts liés à l'usage de la voiture, sans ajouter de contraintes supplémentaires aux citoyens - tant que les vrais coûts fournissent l'incitant adéquat. Nous sommes convaincus que l'ont peut rendre la mobilité abordable tout en protégeant le climat ». (MD)