Strasbourg, 25/10/2012 (Agence Europe) - Les députés favorables au maintien des activités du Parlement européen à Strasbourg seraient de plus en plus isolés, selon le Britannique Edward McMillan-Scott (ADLE).
Les partisans du siège unique pour le Parlement européen ont lancé une nouvelle offensive, mercredi 24 octobre, entre les deux sessions plénières à Strasbourg cette semaine, pour le transfert à Bruxelles de toutes ses activités. Un séminaire organisé mercredi après-midi par les libéraux britannique Edward McMillan-Scott et allemand Alexander Alvaro, vice-présidents du groupe ADLE, leur a permis de fourbir leurs armes.
La veille, lors du vote en plénière sur le budget 2013, une centaine de partisans du 'siège unique' avaient déposé sur leur pupitre dans l'hémicycle une cocotte en papier (origami) en forme de fauteuil, symbolisant le siège unique. Plusieurs amendements aux rapports La Via et Vaughan sur le budget 2013 et relatifs à la question du maintien du Parlement européen à Strasbourg ont été adoptés. Ainsi, 615 députés ont demandé aux États membres d'aborder la question du siège du Parlement et des lieux de travail, et 518 députés ont demandé au Conseil d'élaborer une feuille de route vers un siège unique et une utilisation plus efficace des lieux de travail avant le 30 juin 2013. Militant de longue date pour le siège unique, M. McMillan-Scott faisait part devant la presse, mercredi, de sa surprise devant « une adhésion aussi massive à nos idées ». « Jamais nos propositions n'avaient obtenu un tel écho au Parlement », insistait le député, pour qui la France serait de plus en plus isolée dans la défense du siège partagé entre Bruxelles et Strasbourg. Seuls les élus français et allemands PPE et les élus français S&D ont voté contre ces amendements.
Forts de ces chiffres, les partisans du siège unique veulent désormais surfer sur la vague et renforcer la mobilisation pour obtenir le siège unique après les élections européennes de 2014. En conférence de presse aux côtés de M. McMillan-Scott, une dizaine de députés de tous bords politiques - dont la Suédoise Anna Maria Corazza Bildt (PPE), le Danois Dan Jorgensen (S&D), le Suédois Göran Färm (S&D), l'Autrichienne Ulrike Lunacek (Verts/ALE), la Nord-Irlandaise Diane Dodds (NI) - ont déballé leurs arguments phares, en particulier la question du coût de la transhumance une fois par mois vers Strasbourg des 750 eurodéputés et de 3 000 fonctionnaires, évalué à 180 millions d'euros par an en incluant Luxembourg, mais aussi celle de son bilan carbone, le rejet de CO2 chaque année étant estimé à 19 000 tonnes. Des chiffres contestés par les défenseurs du siège partagé entre Bruxelles et Strasbourg, qui avancent celui d'un coût de 51,5 millions d'euros par an.
Les partisans du siège unique ont toutefois conscience qu'« une solution ne sera trouvée qu'en offrant de fortes alternatives à Strasbourg », admet M. Färm. Sont notamment sur la table les idées d'y transférer le Comité économique et social européen et le Comité des Régions, ou d'en faire la ville de la Justice. (EH)