Bruxelles, le 25/10/2012 (Agence Europe) - Les représentants des créanciers institutionnels de l'Irlande tirent des conclusions positives du 8ème examen de la mise en œuvre du programme d'ajustement économique irlandais. Malgré un « environnement extérieur difficile », Dublin persévère dans l'application des politiques décidées dans le cadre de son sauvetage financier visant en partie son secteur bancaire, a déclaré la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) jeudi 25 octobre dans un communiqué. Cette appréciation positive ouvre la voie au versement d'une tranche d'1,7 milliard d'euros (0,8 milliard provenant du Fonds européen de stabilité financière, 0,9 milliard du FMI) auxquels s'ajoute 0,5 milliard de prêts bilatéraux en provenance du Royaume-Uni et de la Suède. La prochaine mission de la 'troïka' aura lieu en janvier 2013.
Les efforts irlandais devraient permettre au pays d'atteindre ses objectifs de réduction du déficit budgétaire pour 2012. En 2013, celui-ci devrait atteindre 7,5 % du PIB.
Signe de la reprise économique, la confiance des investisseurs regagne du terrain. Les conditions d'emprunt sur les marchés internationaux se sont en effet nettement assouplies: les taux à 8 ans sont passés sous la barre des 5%. Selon la 'troïka', cette situation reflète la mise en œuvre « robuste » des termes du mémorandum et également les décisions de juin des leaders de la zone euro sur la recapitalisation bancaire directe (EUROPE n° 10645), ainsi que l'annonce récente faite par la BCE de son programme 'Outright monetaty transactions' (OMT) de rachat conditionnel de dette publique de pays de l'Eurozone en difficulté.
La 'troïka' met tout de même Dublin en garde: des risques significatifs subsistent avant un retour complet au financement des marchés. Notamment, la reprise économique est graduelle, soutenue par les exportations, mais elle demeure plombée par la demande intérieure qui tarde à reprendre en raison d'un taux de chômage qui reste trop élevé et des faibles prêts accordés aux ménages ainsi qu'aux PME. Dans ce contexte, la 'troïka' prévoit une croissance faible en Irlande en 2013, autour de 1 % du PIB. Dublin est par ailleurs encouragée à utiliser, entre autres, les fonds de la BEI pour soutenir la création d'emplois.
Le commissaire européen en charge des Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, s'est réjoui des conclusions de la 'troïka' et du fait que le gouvernement irlandais ait « réaffirmé son ferme attachement à la réalisation des objectifs budgétaires ». Dans un communiqué, le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, a en effet réitéré la détermination de son pays à respecter ses engagements. Et de rappeler: « À ce jour, 160 conditions ont été remplies. (…) Cependant, de nombreux défis demeurent, y compris le lourd fardeau de la dette associée à la recapitalisation du secteur bancaire. » Sur ce point, il a indiqué que « des travaux (étaient) en cours avec la 'troïka' pour réduire ce fardeau en conformité avec l'accord du 29 juin ». Lors du sommet de l'Eurozone, les Dix-sept avaient décidé de permettre la recapitalisation directe des banques via le Mécanisme européen de stabilité (MES), une fois qu'un mécanisme unique de supervision bancaire sera en place dans la zone euro sous l'égide de la BCE. (EL)