Bruxelles, 11/10/2012 (Agence Europe) - Trois des prix Sakharov 2011, le Syrien Ali Farzat, l'Égyptienne Asma Mahfouz, et le Libyen Ahmed al-Sanusi, ont appelé, mercredi 10 octobre, l'UE à agir pour leurs pays.
Soulignant que la lenteur de la communauté internationale permet au régime syrien de continuer ses actions, M. Farzat a martelé qu'il fallait protéger les enfants et les civils, en leur assurant des zones protégées mais sans intervention militaire. Il précise aussi qu'il est temps d'établir un accord avec l'opposition pour soutenir la révolution, même si la révolution ne reconnaît pas cette opposition. Il a aussi dénoncé l'aide au régime de la part du Hezbollah, de l'Iran et de la Russie et considère que la Syrie « ressemble à un gâteau dont chacun veut prendre une partie dans des négociations », que ce soient les États-Unis ou la Russie. La révolution syrienne ne reviendra pas en arrière car le peuple veut la démocratie, a-t-il ajouté.
M. al-Sanusi a souligné que l'Occident a été d'une grande aide lors de la rébellion du peuple libyen. « Nous voulons que cette aide se poursuive pour nous permettre d'atteindre l'objectif de la démocratie et de la stabilité. »
De son côté, Mme Mahfouz s'est montrée très dure avec l'Occident. Elle a dénoncé les alliances des Frères musulmans avec des « ennemis », tels que les États-Unis et Israël, en citant les accords sur la région du Sinaï. Selon elle, les États-Unis « savent que si les droits de l'Homme sont respectés en Égypte, le peuple va passer à autre chose qui ne servirait pas forcement les intérêts d'Israël ». Elle s'est dite déçue de la réaction européenne. « L'Europe n'arrive pas à faire un choix, on ne peut pas compter sur son soutien », a-t-elle expliqué. « Les violations des droits des hommes ne son rien par rapport à la démocratie exportée par l'Europe, c'est une démocratie qui est fausse. Je souhaite pouvoir collaborer avec les Européens qui nous veulent du bien », a-t-elle ajouté. (CG)