Bruxelles, 27/09/2012 (Agence Europe) - Des militants des droits de l'Homme géorgien et ukrainien ont témoigné, mercredi 26 septembre à EUROPE, de leurs inquiétudes quant aux élections législatives en Géorgie le 1er octobre. Pour George Khutsishvili, directeur de l'International Center on Conflict and Negociation en Géorgie, la campagne électorale n'est pas juste. Il a dénoncé la sur-représentation du président actuel Saakachvili et de ses alliés et la marginalisation de l'opposition et appelé à une réaction européenne. « Je ne suis pas sûr que les élections seront libres malgré les centaines d'observateurs, il y aura plus de 4000 bureaux de vote, il ne pourront pas tous être contrôlés », ajoute-t-il, mettant en avant le risque de double vote, de liste d'inscription de vote avec des faux noms ou encore des risques d'influence de la part des administrations locales sur la population des petites villes avec des promesses.
L'expert ukrainien Mikhail Malkov dénonce la détérioration des droits de l'Homme dans le pays. Selon lui, les maltraitances aux prisonniers font parties du système tout comme les pressions sur leurs proches. Il souligne aussi que le pays compterait 120 prisonniers politiques et quelques 900 disparus. Il reproche à la Commission européenne une évaluation des droits de l'Homme différente d'un pays à l'autre. « Une norme acceptable pour la Géorgie et non pour le Belarus », explique-t-il.
L'ambassadeur se veut rassurante
Répondant à EUROPE, l'ambassadeur de Géorgie auprès de l'UE, Mme Salome Samadashvili, précise qu' « il y a beaucoup de publicité pour tous les acteurs politiques dans tout le pays », ajoutant que selon les organisations internationales, cette élection sera la plus compétitive de l'histoire démocratique du pays. Pour Mme Samadashvili, aucune organisation internationale impliquée dans le suivi préélectoral, ni la task-force inter-institutions qui compte des représentants d'ONG et de l'opposition n'ont fait part de leurs préoccupations concernant les listes électorales, dont l'exactitude a été vérifiée. L'ambassadeur souligne aussi que sur un certain nombre d'allégations de fautes commises par des fonctionnaires, la task force « a réagi », précisant que les représentants des ONG peuvent lui faire part d'autres cas précis qu'ils auraient constatés.
« Le gouvernement géorgien n'est pas conscient de la présence de tous les prisonniers politiques » dans le pays, explique aussi l'ambassadeur, soulignant qu'il n'y a « aucune confirmation quant à la présence des prisonniers politiques par une organisation internationale digne de confiance ». Rappelant que le gouvernement a immédiatement pris des mesures après les révélations d'actes de torture dans une prison du pays (EUROPE n°10694), l'ambassadeur précise que le nouveau ministre de l'Administration pénitentiaire critique depuis longtemps la situation dans les prisons et a créé une commission pour mener une enquête complète sur les cas d'abus.
De son côté, la Commission rappelle dans un communiqué du 3 septembre que le commissaire à l'Élargissement et la Haute représentante ont insisté sur les attentes élevées de l'UE pour les élections parlementaires. L'UE a aussi appelé à un environnement électoral paisible propice et concurrentiel et au respect de la loi électorale. (CG)