Bruxelles, 02/07/2012 (Agence Europe) - Plus une goutte de pétrole iranien n'arrive légalement dans l'UE depuis le dimanche 1er juillet, date d'entrée en vigueur de l'embargo européen contre le troisième exportateur mondial, décidé fin janvier pour pousser Téhéran à suspendre son programme nucléaire.
Les Vingt-sept, qui renoncent ainsi à 600 000 barils par jour de brut iranien, ont eu cinq mois pour trouver des approvisionnements alternatifs, que vont pourvoir l'Arabie Saoudite surtout, l'Irak et la Libye. L'Iran qui accuse ses partenaires du cartel de l'OPEP d'outrepasser leur quota global de 30 millions de barils par jour a demandé dimanche une réunion d'urgence de l'organisation.
Non seulement la décision européenne n'a pas entraîné de flambée des prix, mais le cours du brut a reculé de 21% depuis mars, pour ne pas dépasser 90 dollars le baril ce week-end, très loin du record de 143 dollars de juin 2008. Plus que la perte du marché européen, vers lequel le pays exportait 20% de son or noir, l'Iran se voit frappé par l'interdiction faite aux compagnies d'assurances de l'UE, qui couvrent 90% du trafic maritime pétrolier mondial, de garantir le transport de pétrole iranien, qui est à la source de 80% des revenus à l'exportation du pays. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les exportations iraniennes ont déjà chuté de 40% ces six derniers mois, à 1,5 million de barils par jour, au plus bas depuis 1992. Cette baisse aurait, selon l'AIE, saturé les capacités de stockage de l'Iran et obligé le pays à réduire sa production. (EH)