Bruxelles, 02/06/2012 (Agence Europe) - Le ministre des Affaires européennes chypriote, Andreas Mavroyiannis, a révélé, lundi 2 juillet, les préoccupations de son pays sur la gestion de la crise syrienne par la Turquie. « Nous craignons que les Turcs cherchent à instrumentaliser ce processus démocratique aussi bien au niveau intérieur qu'au niveau du printemps arabe pour faire avancer certaines thèses. On sait très bien qu'il y a matière à préserver une communauté chrétienne dans la région », a-t-il expliqué. Le ministre a précisé que cela ne veut pas dire « qu'il ne faut discuter avec la Turquie. Il faut discuter avec tous les interlocuteurs qui peuvent jouer un rôle important mais il faut être très prudents, être au clair sur ce que nous souhaitons, répondre aux aspirations des personnes sur place », ajoutant qu'il ne faut pas « sacrifier une minorité dans un pays au bénéfice d'une autre ».
Accord décevant sur la transition
Les membres du groupe d'action sur la Syrie - membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (France, Royaume-Uni, États-Unis, Chine et Russie), la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe - se sont mis d'accord, samedi 30 juin à Genève, sur les principes d'une transition en Syrie. Cet accord prévoit « un gouvernement transitoire » qui « exercera les pouvoirs législatifs » et qui pourra « inclure des membres du gouvernement actuel et de l'opposition et d'autres groupes, et doit être formé sur la base d'un consentement mutuel », a précisé Kofi Annan.
Saluant « l'issue » de la réunion, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a précisé que l'accord conclu « offre des points d'action concrets ». « J'espère que cela aidera à mettre un terme à la violence et à lancer un processus politique en Syrie, dirigé par les Syriens », a ajouté Catherine Ashton, réitérant son soutien « total » à Kofi Annan et à son plan en six points.
Déception en Syrie
La presse officielle syrienne et des opposants ont qualifié dimanche 1er juillet d'échec cet accord. Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS) a regretté que l'accord ne prévoie « ni de mécanisme clair ni de calendrier ». « Aucune initiative ne sera acceptée par le peuple syrien sans qu'elle appelle clairement au départ de Bachar al-Assad et des tyrans qui l'entourent », a ajouté le CNS.
La presse officielle a qualifié l'accord d' « échec ». « Les Syriens sont capables d'engager un dialogue national où il n'y a pas de place pour les pays voisins et les autres pays plus lointains », a souligné le journal du parti au pouvoir, al-Baas.
Les membres du groupe d'action divergent eux-mêmes sur l'interprétation de leur accord. Les États-Unis et la France considèrent qu'il ouvre la voie à l'ère « post-Assad », alors que la Chine et la Russie pensent qu'il revient aux Syriens de choisir leur avenir. (CG)