Bruxelles, 07/06/2012 (Agence Europe) - IEMED, institut catalan voué à la coopération euroméditerranéenne, a présenté mercredi 6 juin au Parlement européen sous l'égide du commissaire à l'Élargissement et au Voisinage, Stefan Füle, un « Annuaire de la Méditerranée » qui analyse les principaux événements survenus dans la région en 2011. Le rapport livre, en plus d'une lecture détaillée sous la plume de nombreux auteurs académiques, des récentes évolutions sur la rive sud, une présentation des évolutions institutionnelles européennes et de leur influence sur les relations euroméditerranéennes.
« Les changements introduits par le Traité de Lisbonne sont particulièrement significatifs », écrit Andreu Bassols, directeur général d'IEMED. Il constate que « l'ensemble du système a été réaménagé et de nouveaux équilibres et relations interinstitutionnels sont en train de voir le jour ». « Ces changements affectent bien entendu les relations euro-méditerranéennes dans leur ensemble » aussi bien dans des dossiers connexes, comme l'accès au territoire européen que dans le processus de prise de décision. Dans le contexte actuel dans la région, l'UE affiche une « lenteur de réactions », « due en partie à l'absence de consensus », écrit-il. « Beaucoup dépendra désormais de l'efficacité du nouveau SEAE (service extérieur), semi-autonome, véritable administration hybride au cœur du nouveau système des relations extérieures de l'UE ».
Le rapport signale le rôle accru du Parlement européen, lequel est désormais « considéré comme un véritable co-législateur » aux côtés du Conseil des ministres, même s'il faut relativiser son poids dans le domaine des relations extérieures.
Füle, la situation au sud de la Méditerranée reste « volatile »
Le commissaire Füle a confirmé au cours d'une allocution que « la situation au sud de la Méditerranée reste volatile. Nous savons que la transition va prendre du temps et sera difficile, avec quelques revers. Cependant, il y a une tendance générale dans plusieurs pays vers plus de démocratie (...) Malheureusement, nous ne pouvons dire encore que tous les pays sont fermement sur la voie de la démocratisation durable ». Pour M. Füle, en Algérie, Égypte et Libye, « la situation demeure incertaine » et au sujet de la Syrie il y a une « grande préoccupation ». Dans toute la région, « les attentes des peuples demeurent très élevées et les gouvernements savent qu'ils doivent changer ». Face à cela, l'UE a « envoyé les bons signaux » et s'est déclarée « disposée à s'engager » en appui aux transitions, une démarche basée sur le « postulat que les nouveaux dirigeants respecteront les valeurs démocratiques ». (FB)