Bruxelles, 07/06/2012 (Agence Europe) - David Cameron a dit comprendre pourquoi les pays de la zone euro examinent l'opportunité de mettre sur pied une union bancaire pour renforcer l'Union économique et monétaire, jeudi 7 juin à Berlin à l'issue d'une rencontre avec Angela Merkel. D'après le Premier ministre britannique et la chancelière allemande, le pacte budgétaire, auquel le Royaume-Uni n'a pas souscrit, constitue un élément important pour la stabilité financière mais il ne suffira pas.
Si les pays de l'Eurozone décident d'ouvrir le chantier de l'union bancaire fin juin lors du Conseil européen, Londres défendra ses intérêts bec et ongles, sans participer à cette nouvelle étape de la construction européenne. Le Royaume-Uni « n'intégrera en aucune façon une union bancaire en zone euro », a déclaré le ministre britannique des Finances George Osborne sur les ondes de BBC Radio 4. Il a promis que son pays s'assurerait que des garanties soient en place afin de protéger le secteur financier national. Et d'estimer que la création d'un système commun de garantie des dépôts bancaires requiert « une modification des traités et l'accord » du Royaume-Uni.
Plus tôt dans la journée sur la chaîne ARD, Mme Merkel avait évoqué une intégration politique et budgétaire plus poussée avec l'octroi de pouvoirs accrus à l'échelon européen. Selon elle, les pays les plus ambitieux ne devraient pas être ralentis par les pays qui traînent les pieds. Quitte à avancer à Dix-sept et à acter l'Europe à deux vitesses. Attachée à l'intégrité de l'UE à Vingt-sept, la Commission européenne n'y voit pourtant pas une menace. Il existe avec Berlin « une très large convergence de vues sur la nécessité d'un approfondissement de notre union économique et monétaire », a déclaré une de ses porte-parole. Et d'ajouter: « Nous travaillons à l'unité de l'UE tout en faisant ce qui est nécessaire pour l'Eurozone. L'euro, c'est la monnaie de l'UE, tous ses membres ont vocation à y adhérer ». Du moins quand les conditions le permettent. (MB)