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Bulletin Quotidien Europe N° 10625
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

Croissance, l'UE garde le cap du libre-échange

Bruxelles, 01/06/2012 (Agence Europe) - Les échanges avec les pays tiers restant un moteur clé pour la croissance en Europe, le Conseil convient que l'UE doit maintenir le cap du libre-échange, par le biais des accords bilatéraux avec des partenaires stratégiques, tout en restant engagée au plan multilatéral.

Réunis pour la seconde fois sous présidence danoise, les ministres européens du Commerce ont discuté, jeudi 31 mai, de la contribution du commerce international à la croissance et à l'emploi, en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin. Présidé par Pia Olsen Dyhr, le Conseil a réitéré jeudi l'importance du commerce international, de l'investissement et de l'intégration des marchés en tant que « moteurs clés d'une croissance forte, durable et équilibrée ». « La politique commerciale joue un rôle significatif et est actuellement un des principaux moteurs de la croissance en Europe. Le commerce est le seul moteur positif de la croissance dans l'UE en 2012. S'il n'y avait pas la contribution du commerce de 0,7%, la croissance serait négative cette année », a assuré la ministre danoise, s'exprimant devant la presse à l'issue du Conseil. « À partir de 2015, 90% de la croissance mondiale interviendra à l'extérieur de l'Europe. Nous devons profiter », a insisté Mme Olsen Dyhr, précisant que, s'ils aboutissent, tous les accords bilatéraux de libre-échange que l'UE négocie actuellement avec plusieurs partenaires tiers génèreront pour les Vingt-sept une augmentation de 2,2 % de son PIB, soit 275 milliards d'euros, et 2,2 millions d'emplois.

Jeudi, les ministres du Commerce ont invité la Commission à poursuivre la promotion de l'ouverture des marchés avec des partenaires stratégiques, maintenant ainsi le cap fixé par leurs dirigeants qui, lors de leur réunion de printemps, avaient plaidé pour la levée des barrières commerciales et l'amélioration de l'accès au marché et des conditions d'investissement. Le Conseil européen de juin pourrait, à cet égard, octroyer un mandat à la Commission pour négocier un accord de libre-échange avec le Japon, l'exercice de délimitation du champ de l'accord étant désormais bouclé, comme l'a annoncé jeudi le commissaire au Commerce Karel De Gucht. L'exécutif européen doit auparavant présenter au Conseil des directives de négociation. Celles-ci devront être fermes, pour obtenir des États membres les plus réservés, France et Italie en tête, qu'ils acceptent d'ouvrir les pourparlers de libre-échange avec une économie qui protège fortement son agriculture et ferme ses marchés publics. En outre, à l'instar de leurs ministres du Commerce jeudi, les dirigeants des Vingt-sept seront informés des progrès accomplis par le groupe de haut niveau mis sur pied fin 2011 pour évaluer la possibilité d'un accord de libre-échange avec les États-Unis. Le commissaire De Gucht a levé le voile, à la mi-mai, sur les discussions du groupe de haut niveau, qui doit remettre ses conclusions intermédiaires en juin. Le champ de l'accord inclurait les droits de douane sur les marchandises, la levée des barrières au commerce des services et à l'investissement, les barrières non tarifaires, et la convergence réglementaire. Un accord ne sera négocié, dans un délai court qui plus est, que si les parties sont sûres de sa contribution à court terme à la croissance et l'emploi. M. De Gucht espère négocier dès le début 2013, en limitant les discussions à 18 mois.

En quête de sources de croissance à court terme, l'UE, qui a mis en œuvre à la mi-2011 son premier accord bilatéral de nouvelle génération avec la Corée du Sud, espère rapidement mener à bien plusieurs négociations en cours, mais déjà bien avancées. Ainsi, des pactes commerciaux avec le Canada et l'Inde pourraient être bouclés avant la fin 2012, si les questions encore en suspens, qui incluent les règles d'origines, les services et l'investissement et les marchés publics pour le premier, l'automobile, les vins et spiritueux, les services, les marchés publics et le développement durable pour le second, sont résolues dans les mois à venir.

En Asie du Sud-Est, si des négociations de libre-échange se profilent avec les Philippines et sont très envisagées avec l'Indonésie, l'ouverture de discussions avec la Thaïlande est toujours suspendue à l'aval de son parlement, mais les négociations en cours avec Singapour et la Malaisie sont à un stade très avancé, et l'UE va ouvrir des négociations avec le Vietnam, après le feu vert donné jeudi à la Commission par le Conseil.

En Amérique latine, si les négociations avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, le Venezuela étant en cours d'adhésion) sont au ralenti, et désormais polluées par les tensions nées du regain de protectionnisme argentin, l'UE pourrait voir son accord multipartite avec la Colombie et le Pérou entrer en vigueur avant la fin 2012, pourvu que le Parlement européen, préoccupé par les questions relatives aux droits de l'Homme et du travail, et à l'environnement, donne son aval à l'automne. L'accord de libre-échange avec l'Amérique centrale (Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama et Salvador), en plein processus de signature, pourrait lui aussi être mis en œuvre avant la fin de l'année.

Si elle garde le cap du libre-échange, l'UE opte désormais clairement pour la voix bilatérale, tout en maintenant son engagement en faveur d'un accord multilatéral à l'OMC dans le cadre du round de Doha. « Nous sommes engagés en faveur de Doha, mais, comme les choses ne bougent pas, il faut que des accords de libre-échange nous permettent de progresser », concluait jeudi la ministre danoise Olsen Dyhr. (EH)

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