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Bulletin Quotidien Europe N° 10625
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) irlande

Les Irlandais disent oui, à 60%, au Pacte budgétaire

Bruxelles, 01/06/2012 (Agence Europe) - Les citoyens irlandais ont donné leur feu vert, vendredi 1er juin, à la ratification par leurs autorités du Pacte budgétaire (EUROPE n°10566). Le rapport de force était d'environ 60% de votes en faveur du traité contre 40% contre, pour une participation à peine supérieure à la moitié des électeurs. L'Irlande devient le 8ème État membre à approuver le Pacte budgétaire après le Danemark, la Grèce, la Lettonie, la Pologne, le Portugal, la Roumanie et la Slovénie. Les taux d'intérêt de la dette irlandaise à long terme étaient en baisse, vendredi.

Signé à 25 États membres (toute l'UE sauf le Royaume-Uni et la République tchèque), le traité intergouvernemental renforçant la discipline budgétaire entrera en vigueur début 2013 si douze pays de la zone euro l'ont ratifié. Sa ratification donne accès aux pays de l'Eurozone en difficulté au Mécanisme européen de stabilité, fonds européen de sauvetage permanent qui sera opérationnel à partir de juillet prochain.

Cette issue positive du référendum en Irlande est de nature à soulager les leaders européens qui pouvaient craindre qu'un rejet du Pacte budgétaire n'alimente les arguments en faveur d'une remise en cause des politiques d'austérité menées, notamment en Irlande. Un 'non' aurait été un signal, certes juridiquement peu contraignant, mais politiquement fort au moment où les Grecs sont appelés à voter à nouveau le 17 juin.

Les réactions ont afflué avant même que les résultats définitifs soient définitivement connus. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy s'est félicité que, avec ce vote positif, les Irlandais renouvellent leur « engagement en faveur de l'intégration européenne ». La commissaire européenne à la Recherche Màire Geoghegan-Quinn a estimé que les investisseurs internationaux verraient désormais son pays comme « un pari sûr ». Accueillant favorablement les résultats du référendum, le président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, est d'avis que le Pacte budgétaire constitue « un élément de la stratégie globale pour la zone euro ». « Des règles claires apportent de la stabilité, mais elles doivent être accompagnées de mesures substantielles pour la croissance », a-t-il ajouté.

« Les citoyens irlandais ont réaffirmé leur engagement en faveur d'une Europe forte et unifiée. Avec une majorité en faveur de la ratification du Traité, ils ont dit 'oui' à la stabilité, 'oui' à la réduction de la dette et 'oui' à la croissance économique », a affirmé le président du groupe PPE au Parlement européen, le Français Joseph Daul. Pour Guy Verhofstadt (ADLE, belge), la cure d'austérité en Irlande est « particulièrement pénible » mais elle « aurait été nécessaire, que ce Traité existe ou non ». « Voter 'oui' à ce referendum était la voie à suivre et l'Irlande verra les avantages une fois que tout l'effet des dispositions rectificatives du nouveau traité entrera en jeu », a-t-il ajouté. Même son de cloche chez les sociaux-démocrates au PE. Hannes Swoboda (S&D, autrichien) a loué le « choix responsable » des Irlandais, tout en soulignant que le parti irlandais appartenant à sa famille politique plaidait pour un renforcement du Pacte budgétaire par le bais d'un « pacte pour la croissance ». « D'après nous, l'austérité a mené l'UE sur le mauvais chemin et nous attendons que les leaders européens changent de direction pour aller vers plus de croissance et d'emploi », a-t-il ajouté. (MB)

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