Bruxelles, 01/06/2012 (Agence Europe) - « Une intervention internationale prend vie en Syrie: il y a une aide claire de la Chine, de la Russie et de l'Iran en faveur du régime. Nous attendons une autre intervention à l'égard du peuple pour l'aider à se défendre », a annoncé le porte-parole du Conseil national syrien George Sabra, jeudi 31 mai à Bruxelles. Il a listé les nombreuses actions qu'il attend de la part des gouvernements européens. « Nous attendons qu'ils soutiennent un peuple qui veut changer de régime, une aide au peuple pour faire tomber le régime qui fait souffrir, qui connait des atrocités », a-t-il expliqué. « On ne peut pas attendre indéfiniment que le plan Annan réussisse. Nous voulons une solution rapide, nous voudrions une intervention pour aider la révolution », a-t-il ajouté. Questionné sur la possibilité que cette aide s'effectue à travers la livraison d'armes, il a répond par l'affirmative: « Oui, c'est une des revendications, clairement ».
M. Sabra a précisé que l'Armée syrienne libre se tenait « prête », qu'elle n'attendait « plus que la réponse d'Annan pour reprendre ses activités et sa lutte contre l'armée régulière ». « Ses efforts ont besoin du soutien de la communauté internationale et arabe, sur les plans matériel, politique, médiatique, afin de soutenir le peuple syrien dans ses revendications », a-t-il ajouté. Le CNS attend aussi « un renforcement des efforts » des Européens au niveau du Conseil de sécurité « afin de voter des résolutions sur la base du chapitre 7 (de la charte des Nations unies qui évoque une possible intervention militaire, NDLR) pour nous aider à mettre fin à ce régime et ses massacres », ainsi qu'« une mise en œuvre minutieuse et suivie des sanctions annoncées pour que le régime soit isolé, qu'il soit obligé de se soumettre à la communauté internationale ».
Solution politique toujours privilégiée. Jeudi, la chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine ont exprimé la nécessité de trouver « une solution politique » à la crise, le plan Annan étant « un point de départ ». « La Russie, l'Allemagne, tous leurs partenaires » souhaitent « éviter une escalade de la violence et aider M. Annan à parvenir à des résultats positifs », a assuré M. Poutine.
La question syrienne sera discutée lors du sommet UE-Russie, les 3 et 4 juin. « Pour l'instant, il n'y a pas d'efforts suffisants pour trouver une solution politique à la crise. (…) Nous savons à quel point la Russie a une certaine influence et peut faire pression sur le régime syrien », a indiqué un haut fonctionnaire européen, précisant que l'UE ne ferait pas pression sur Moscou. « Il y a une responsabilité conjointe pour éviter que le pays entre dans une guerre civile(…). Nous devons agir maintenant, main dans la main », a-t-il ajouté.
Pour le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, il est trop tôt pour une opération militaire. « Il n'y a pas de front bien défini. On veut éviter une guerre civile et non pas en déclencher une », a-t-il expliqué au quotidien Aamulehti. Favorable au durcissement des sanctions déjà prises, il s'est demandé si la décision d'expulser des ambassadeurs syriens de l'UE était une « sage décision ». « Si nous voulons que les États européens disposent d'une politique étrangère et de sécurité commune crédible, il faut décider ensemble de ces questions. Une fois de plus, chacun a décidé seul dans son coin », a-t-il regretté. (CG)