Bruxelles, 22/05/2012 (Agence Europe) - En matière d'égalité des genres, le Parlement européen estime que la Turquie devrait s'aligner sur les objectifs UE 2020, et que le droit des femmes devrait être au centre des négociations d'adhésion du pays à l'UE. Le rapporteur Emine Bozkurt (S&D, allemande) part de ce principe dans son rapport sur les femmes en Turquie à l'horizon 2020, adopté par le Parlement en séance plénière mardi 22 mai (590 voix pour, 28 contre, 53 abstentions).
De la place des femmes dans la société civile, sur le marché de l'emploi, à leur participation politique, Mme Bozkurt a analysé la situation aujourd'hui et détaille les améliorations à apporter d'ici la fin de la décennie, tout en reconnaissant des avancées (en matière de scolarisation des jeunes filles par exemple, ou l'établissement d'un service spécialisé dans la violence domestique au sein des services du procureur général d'Ankara).
2020 et adhésion. Parmi les suggestions, le Parlement invite le pays à se conformer aux objectifs de la stratégie EUROPE 2020. Les députés insistent aussi pour que les négociations d'adhésion menées avec la Turquie accordent une place centrale à la question des droits des femmes. L'agenda positif établi par la Commission pour compléter les négociations devrait précisément devenir une plateforme pour la promotion de l'égalité des genres ; tous les groupes de travail devraient la prendre en considération.
Emploi et représentation politique. Mme Bozkurt demande aussi une « nouvelle loi sur les partis politiques et les élections, qui pourrait établir un système de quota contraignant pour assurer la juste représentation des femmes dans les listes électorales », a-t-elle précisé lors du débat précédent le vote, lundi 21 mai. Il est aussi question de mettre plus de femmes au travail ; le rapport suggère que la Turquie établisse un plan d'action national à cette fin.
Violences domestiques. Mme Bozkurt accorde aussi beaucoup d'attention aux violences faites aux femmes. Elle a expliqué à ce sujet que « le rapport indique ce qui doit être fait à propos de la violence et insiste sur la bonne mise en application ». « Même les meilleures lois ne peuvent protéger les femmes, donc je propose des suggestions pour assurer que la loi soit appliquée strictement », a-t-elle précisé. Le crime d'honneur était aussi au cœur des préoccupations des députés. Ils recommandent à la Turquie de poursuivre et de punir les auteurs et les membres de la famille qui approuvent par leur silence la violence faite aux femmes.
Changement de mentalité. L'eurodéputée Bozkurt estime aussi que pour que tous les changements soient réalisés « un changement de mentalité est nécessaire. Les femmes ne sont pas seulement des mères ou des membres de la famille, ce sont des individus. Cela doit être clair comme du cristal », a-t-elle martelé. À cette fin, le Parlement adhère à ses suggestions d'organiser des campagnes de sensibilisation, ou de lancer un projet national sur le modèle de rôle des femmes et des hommes au cœur d'un débat, qui inclurait les jeunes et les hommes. Les médias devraient aussi être associés à cette réflexion. (MD)