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Bulletin Quotidien Europe N° 10618
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) ukraine

Pour le PE les élections seront un test - boycott de l'Euro inutile

Strasbourg, 22/05/2012 (Agence Europe) - Les députés européens ont débattu, mardi 22 mai, de la situation de l'état de droit et des droits fondamentaux en Ukraine, dont la situation de l'ancien Premier ministre Ioulia Timoshenko. Le commissaire à l'Élargissement et à la Politique de voisinage Stefan Füle a dénoncé « la justice avec une motivation politique », qu'il a qualifiée de « problème systémique appelant une solution systémique avec une reforme radicale du système judiciaire ». Il a aussi souligné que les élections parlementaires en octobre 2012 seront « un test important ». « Nous allons suivre de très près à la fois les conditions de la campagne électorale et le processus de vote. Il est important que les élections soient libres et équitables au-delà de tout doute si l'Ukraine veut concrétiser ses aspirations européennes. Nous croyons que tous les candidats qui souhaitent le faire doivent être en mesure de se présenter aux élections », a précisé M. Füle, expliquant que les États membres ont conclu un accord sur l'envoi d'observateurs européens les plus nombreux possible et que la délégation européenne a déjà commencé à coordonner les efforts pour appuyer la formation des observateurs et le financement de sondages sortis des urnes mais a aussi déjà suivi les réunions pertinentes de la commission des élections centrales ukrainienne.

Pour Elmar Brok (PPE, allemand), dont des collègues ont déployés une grande banderole « freedom for Ioulia » dans l'hémicycle lors du débat, « les responsables politiques ne pourront pas participer à la prochaine campagne électorale. Une campagne, juste, libre et équitable n'est possible que si tout le monde peut participer ». Johannes Cornelis Van Baalen (ADLE, néerlandais) a précisé que l'Ukraine est « à la croisée des chemins, soit elle va vers la Biélorussie, soit elle va devenir une démocratie moderne » et les « élections sont une possibilité de mesurer l'évolution » de Kiev. Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande) a souligné que les prochaines élections doivent donner « la preuve d'une évolution vers la démocratie et l'état de droit », rappelant que les candidats de l'opposition doivent être réhabilités et pouvoir participer à l'élection.

Son collègue ECR polonais Pawel Robert Kowal a expliqué qu'il faut que les Européens « aident les Ukrainiens à organiser les élections, faire ce geste de voisin au voisin. En tant que voisin on peut aller en Ukraine et observer les élections ». Pour Andreas Molzer (non inscrit, autrichien), l'UE ne doit pas avoir une « politique myope » à court terme vis-à-vis de l'Ukraine, en particulier dans l'optique des élections ; elle ne devrait pas se détourner pour que le peuple ukrainien ne se retourne pas contre Bruxelles. Il a souligné que la pression politique ne permettra ni la libération de Ioulia Timoshenko, ni des réformes.

Lobor Roucek (S&D, tchèque) a fait part des avancées du pays, rappelant que la Commission de Venise a participé à la préparation du code de procédure pénale, qu'une assemblée constitutionnelle est créée et que le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a demandé l'envoi d'experts internationaux au sujet de Ioulia Timoshenko, mais M. Roucek a appelé à une réforme complète du système juridique.

Euro 2012 de football: pas de boycott sportif mais un boycott politique

Les députés européens sont aussi revenus sur le possible boycott de l'euro 2012 de football, auquel plusieurs s'opposent. « Nous devons boycotter le gouvernement et le président, responsables de la situation et non les citoyens », a expliqué Mme Harms, appelant à maintenir la pression avant l'événement. Opposé au boycott, M. Van Baalen a précisé que l'UE peut utiliser l'euro 2012 pour « atteindre nos objectifs et montrer la situation des droits de l'Homme ». Pour Zbigniew Ziobro (EFD, polonais), « toutes les décisions concernant le championnat risquent d'avoir pour conséquence un basculement vers la Russie ». Et de préciser que l'opposition ukrainienne est contre ce boycott et qu'une majorité du peuple attend depuis longtemps l'événement. Il s'est aussi interrogé de la position à prendre sur les Jeux olympiques en Russie et sur les championnats du monde de hockey sur glace au Belarus en 2014. Le commissaire a tenu à souligner que la Commission n'a jamais utilisé le mot « boycott » mais qu'elle avait précisé qu'elle n'avait pas l'intention de se rendre en Ukraine.

La fille de Timoshenko au Parlement

Le débat en plénière a eu lieu en présence de la fille de Ioulia Timoshenko, Eugenia, invitée par le groupe PPE, dont chacun des 271 députés devrait envoyer au gouvernement ukrainien une lettre au sujet de Ioulia Timoshenko. Eugenia Timoshenko s'est montrée inquiète sur les élections. « Elles ne seront pas libres et démocratiques », a-t-elle précisé, expliquant que le parti des régions du président Viktor Ianoukovytch tente de bloquer des candidats - certains sont mêmes arrêtés. Elle pense aussi que des pressions vont être exercées contre les membres de la commission électorale.

Pour elle, il faut aussi envisager de boycotter politiquement l'euro 2012. « Il faudrait que les gens viennent et profitent du sport mais que les responsables politiques ne soient pas là pour serrer la main des responsables politiques ukrainiens qui exercent de la violence contre les opposants. Ce type de boycott serait utile pour montrer que la pression continue », a-t-elle expliqué, précisant que toutes les pressions « font que le régime est sous pression et va devoir avancer pour résoudre la situation politique ». (CG)

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