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Bulletin Quotidien Europe N° 10618
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SOCIAL / (ae) social

Quatre millions de jeunes chômeurs de plus depuis 2007, selon l'OIT

Bruxelles, 22/05/2012 (Agence Europe) - Le taux mondial du chômage des jeunes pour 2012 reste bloqué à son plus haut niveau de la crise et ne devrait pas redescendre avant 2016 au moins, affirme l'Organisation internationale du travail (OIT) dans son rapport 2012 sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes, publié mardi 22 mai. Dans les économies développées, la situation est même pire que ne le laisse penser le taux de 18% de chômage des jeunes prévu pour cette année, en raison d'une baisse massive de la main-d'œuvre, estime l'OIT. L'organisation note notamment qu'au sein de l'Union européenne, l'emploi temporaire ou à temps partiel a, par exemple, augmenté plus vite chez les jeunes que chez les adultes.

Les prévisions montrent que 12,7% de la main-d'œuvre jeune dans le monde sera au chômage cette année. Un taux identique au pic de la crise atteint en 2009 et légèrement supérieur à l'an passé où le chômage touchait 12,6% des jeunes, selon le rapport. Le taux serait même plus élevé si l'on prenait en compte ceux qui
- souvent découragés par le manque de perspectives - abandonnent ou reportent leur recherche d'emploi. Le taux ainsi ajusté situerait le taux de chômage mondial des jeunes à 13,6% en 2011.

À l'échelle mondiale, il y aura près de 75 millions de chômeurs âgés de 15 à 24 ans en 2012, une augmentation de près de 4 millions depuis 2007. Des augmentations importantes ont été observées, particulièrement dans les économies développées et l'UE, en Europe centrale et du Sud-est (hors UE), dans la CEI, en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Asie du Sud. Dans les économies développées et l'Union européenne, ainsi qu'en Asie du Sud, peu de progrès ont été réalisés en vue d'atténuer l'impact de la crise économique mondiale. En Afrique du Nord, le taux de chômage des jeunes a fortement augmenté après le 'Printemps arabe', enregistrant une hausse de près de 5% entre 2010 et 2011. Ce taux était pourtant déjà très élevé dans cette région et au Moyen-Orient.

Bien que les taux de chômage des jeunes varient fortement d'une région à l'autre, toutes sont confrontées à des difficultés considérables en matière d'emploi des jeunes. Même en Asie orientale, le taux de chômage des jeunes en 2011 était 2,8 fois plus élevé que celui des adultes. Outre ses effets négatifs et immédiats sur l'économie et la société, le chômage des jeunes a également des conséquences néfastes sur l'employabilité et les futurs salaires.

« La crise du chômage des jeunes peut être vaincue, à condition toutefois que la création d'emplois pour les jeunes devienne une priorité essentielle du processus politique et que les investissements dans le secteur privé s'accélèrent radicalement », a déclaré le directeur exécutif de l'OIT pour l'emploi, José Manuel Salazar-Xirinachs. « Cela comprend des mesures comme des allègements fiscaux et d'autres incitations pour les entreprises qui embauchent des jeunes, des efforts pour réduire le décalage des compétences chez les jeunes, des programmes d'entreprenariat qui intègrent formation qualifiante, tutorat et accès aux capitaux, ainsi que l'amélioration de la protection sociale pour les jeunes », a-t-il ajouté. (LC)

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