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Bulletin Quotidien Europe N° 10602
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La Grèce dénonce à son tour les attaques contre Schengen

Bruxelles, 25/04/2012 (Agence Europe) - Le ministre grec de la Protection des citoyens, Michalis Chrissohoidis, est venu rappeler mercredi 25 avril à Bruxelles, devant les députés de la commission des libertés civiles (LIBE), l'engagement de son pays à lutter contre l'immigration illégale et à renforcer le régime d'asile. Le ministre, issu du PASOK, dont le pays s'apprête aussi à vivre le 6 mai prochain des élections législatives, s'en est également pris aux propos de Nicolas Sarkozy qui a dénoncé une « Europe-passoire » au lendemain du premier tour des élections présidentielles françaises et fustigé la frontière gréco-turque et a tenu à renvoyer également la responsabilité de ces difficultés aux 26 partenaires de la Grèce en soulignant leur incapacité à convaincre la Turquie de signer un accord de réadmission des migrants avec l'UE. Le ministre a également déploré l'idée de suspendre son pays de l'espace Schengen, à travers la réintroduction de contrôles à certaines frontières nationales, qualifiant ces initiatives isolées, en référence aux propos de M. Sarkozy, d' « inacceptables ».

Comme il l'avait déjà fait début avril lors d'une rencontre avec la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cécilia Malmström, M Chrissohoidis a profité de cette audition pour lancer un nouvel appel aux migrants tentés de rejoindre la Grèce par la Turquie, leur signalant que toute personne qui franchira la frontière entre les deux pays pourra être retenue dans un centre fermé et expulsée aussitôt du pays si sa demande de protection ne devait pas être fondée. Ces menaces verbales ont d'ailleurs déjà fonctionné, a dit le ministre. « Rien que ces déclarations ont eu un effet sur le nombre de personnes souhaitant d'elles-mêmes retourner dans leur pays », a ainsi affirmé M. Chrisochoidis.

La Grèce est soumise à un plan d'action européen visant notamment à mettre le pays en conformité avec les normes sur l'asile et a entamé à cet effet la construction d'infrastructures et de centres d'accueil des demandeurs d'asile. En janvier 2011, Athènes avait été condamné par la Cour européenne de Strasbourg pour les conditions dégradantes dans lesquelles elle accueille encore les migrants clandestins et demandeurs d'asile. La Grèce représente 90% des entrées de clandestins dans l'UE, en particulier via la région d'Evros, à la frontière gréco-turque. La Turquie refuse toujours à ce stade de signer un accord de réadmission de ses migrants avec l'UE tant que les 27 en contrepartie refuseront d'ouvrir le dialogue sur la facilitation des visas. Le sujet doit d'ailleurs être discuté jeudi 26 à Luxembourg par les ministres de l'Intérieur. (SP)

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