Bruxelles, 25/04/2012 (Agence Europe) - Ces 26 et 27 avril, les ministres de l'Enseignement supérieur de 47 pays européens se réunissent à Bucarest pour convenir de réformes destinées à moderniser et ouvrir l'espace européen de l'enseignement supérieur (EEES). La conférence se tiendra parallèlement au forum sur la politique de Bologne, qui réunit des pays ne faisant pas partie de l'EEES et témoigne de l'intérêt porté dans le monde aux réformes de Bologne. Au vu de la crise et de ses répercussions sociales, les ministres reconnaissent que les réformes doivent surtout mettre le potentiel inexploité de l'enseignement supérieur au service de la croissance et de l'employabilité. Un message qui est aussi au cœur du programme de la Commission européenne pour la modernisation des systèmes d'enseignement supérieur. Les pays européens doivent sans tarder moderniser leur système d'enseignement supérieur et supprimer les obstacles empêchant l'EEES de fonctionner pleinement a déclaré Androulla Vassiliou, commissaire à l'Éducation, la Culture, la Jeunesse et le Multilinguisme. Et d'indiquer: « Un EEES qui fonctionne pleinement, donne accès à un enseignement de très haut niveau et dote tous les étudiants des compétences nécessaires à leur insertion sur le marché de l'emploi, tout en stimulant l'innovation et en garantissant une reconnaissance adéquate des titres universitaires, tel est notre objectif ».
La conférence ministérielle définira les priorités de la prochaine phase du processus de Bologne (2012-2015) pour les pays de l'EEES. Les ministres adopteront la stratégie sur la mobilité de Bologne, qui prévoit que 20% des diplômés de l'enseignement supérieur en Europe devront avoir effectué une partie de leurs études à l'étranger d'ici 2020, conformément au critère de référence européen pour la mobilité au sein de l'enseignement supérieur. À l'occasion de la réunion, le réseau Eurydice, Eurostat et Eurostudent ont publié, avec le soutien de la Commission, un rapport sur l'état d'avancement des réformes requises par le processus de Bologne. Selon celui-ci, tous les pays ont introduit des changements significatifs ayant permis à l'EEES de se développer. Néanmoins, les progrès sont hétérogènes, le recul des dépenses publiques dans le secteur de l'enseignement supérieur ne facilitant pas les choses, et des problèmes pratiques persistent. Trop d'étudiants quittent l'enseignement supérieur sans diplôme en poche ou terminent leurs études sans posséder les compétences nécessaires à leur entrée sur le marché de l'emploi. Par ailleurs, certains ont du mal à faire reconnaître leurs diplômes à l'étranger ; quant aux établissements, ils peinent à passer à un enseignement « centré sur l'étudiant » et à définir des « objectifs d'apprentissage ». De manière générale, l'enseignement supérieur ne fonctionne pas comme un moteur de la croissance, alors qu'il en a le potentiel. (IL)