Bruxelles, 25/04/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen poursuit ses concertations pour élaborer une position sur le mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe proposé par la Commission l'année dernière. Les commissions parlementaires chargées du transport (TRAN) et de l'industrie (ITRE) ont tenu une réunion conjointe, mercredi 25 avril, pour récolter les points de vue d'experts des industries concernées et éclairer les rapporteurs.
Le mécanisme pour l'interconnexion débloquerait des fonds européens pour investir dans des projets d'infrastructures afin de compléter les réseaux européens de transport (31,7 milliards d'euros), d'énergie (9,1 milliards) et de télécoms (9,2 milliards). Ces montants devraient aider à construire les tronçons manquants des réseaux, plus souvent dans des zones transfrontalières, et devraient aussi attirer les investisseurs privés.
Les rapporteurs de la commission TRAN, Dominique Riquet (PPE, français) et Inés Ayala-Sender (S&D, espagnole) sont bien conscients de ce que les acteurs sur le marché financier manquent de confiance vis-à-vis des projets à long terme. M. Riquet se demande dès lors quel devrait être le taux d'investissement public qui pourrait rassurer les investisseurs privés. Mais les députés mettent en garde contre une tendance du privé à choisir de financer les projets les plus viables d'un point de vue commercial, les projets les plus risqués restant à la charge du public.
Les montants prévus dans le mécanisme sont souvent considérés comme trop légers par les premiers intéressés. Daid Halldearn, du Conseil des régulateurs européens d'énergie, reconnaît que 9,1 milliards d'euros pour les réseaux énergétiques c'est un petit montant en comparaison des vastes besoins de l'Europe. Même son de cloche de la part de Roland Doll, de Deutsche Telecom, qui espère bien que les 9,2 milliards d'euros pour les TIC, ne sont qu'un début. Il insiste sur le fait que le secteur a besoin de subsides pour les zones qui sont peu profitables, d'autant plus que les compagnies dans ce domaine ne peuvent internaliser les bénéfices de leurs investissements, ce qui justifie le recours à des fonds publics. Du côté du transport, le secteur le mieux doté, Gweltaz Guiavarc'h, du Réseau ferré de France, vante les mérites des partenariats public-privé ou des contrats de concessions avec des investisseurs privés. (MD)