Avenir morose pour le secteur bancaire aux Pays-Bas. Après quatre années de crise, le secteur bancaire des Pays-Bas tente de remonter la pente. Les résultats bénéficiaires des trois majors couvrant 80% du marche (ABN Amro, ING et Rabobank) ont enregistré des progrès significatifs en un an. Les résultats nets des trois groupes sont les suivants: ABN Amro: 689 millions d'euros ; ING: 5,7 milliards d'euros ; Rabobank: 2,6 milliards d'euros. Toutefois, s'étant délestées de nombreux actifs à l'international et recentrées désormais sur leur marché national, leurs perspectives de croissance à moyen terme demeurent moroses. En récession depuis le quatrième trimestre 2011, les Pays-Bas connaissent par ailleurs une forte chute de la confiance des consommateurs et des industriels. À moyen terme, les banques vont donc continuer à subir l'effet domino du ralentissement dans le secteur du bâtiment et de l'immobilier. Dans ce dernier secteur, les emprunts hypothécaires se raréfient en raison d'une chute des transactions, et la qualité de ces portefeuilles se dégrade. Vu la conjoncture, les revenus des établissements vont montrer une faiblesse persistante, s'établissant à des niveaux comparables à ceux publiés en 2011. En outre, particulièrement frappé par la crise grecque, ABN Amro a vu son coût du risque doubler en 2011 en raison d'une provision de 880 millions d'euros sur des prêts à des entreprises grecques. Rabobank souffre pour sa part de ses engagements en Irlande, qui se sont déjà traduits par des provisions de 1,9 milliard d'euros. (IL)