Bruxelles, 02/04/2012 (Agence Europe) - L'industrie de l'aluminium accuse la Commission européenne de passer à côté d'une réduction notable des émissions de CO2 des voitures en plafonnant à 140 kg maximum la part de l'aluminium entrant dans leur assemblage. Alors que la réglementation sur le CO2 et les voitures pourrait être révisée dès cet été, le secteur de l'aluminium entend faire relever ce seuil.
Il est entendu que les voitures peuvent et doivent mieux faire pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Deux options sont envisageables: améliorer la performance du moteur, ou alléger les voitures. L'aluminium permet l'allègement, et cela reviendrait moins cher aux constructeurs, affirme l'Association européenne de l'aluminium (EAA). Le hic, c'est que la législation en vigueur (CE/443/2009) ne permet pas d'exploiter pleinement ce potentiel, dans la mesure où elle n'autorise pas plus de 140 kg d'aluminium par voiture. Une opportunité manquée, car selon une extrapolation basée sur l'augmentation croissante de la part de l'aluminium dans les voitures, il serait possible d'intégrer 40 kg de plus d'ici 2020 (selon une étude de Ducker Worldwide, publiée ce 2 avril en coopération avec l'EEA). Les calculs indiquent qu'à ce stade, une voiture allégée par le recours à l'aluminium (à hauteur de 140 kg par voiture) permet déjà d'économiser 65 litres de pétrole par an. Sur les 17 millions de voitures produites de la sorte en 2012, cela équivaudrait à éviter l'émission de 43 millions de tonnes de CO2 supplémentaires tout au long du cycle de ces véhicules. Qu'en déduire donc si l'aluminium intervenait à hauteur de 180 kg par voiture ?
Fort de ce calcul, l'EAA se demande pourquoi se priver d'en faire plus, et préconise donc de revoir à la hausse les autorisations prévues par la réglementation CE 443/2009: « Le système actuel discrimine clairement l'allégement, en comparaison avec d'autres mesure de réductions de CO2 », estime Bernard Gilmont, le directeur chargé de la construction et du transport au sein de l'EAA. « Tant que cette disposition demeure, l'allègement des voitures ne délivrera pas son potentiel maximum », poursuit-il. Pour l'EAA il faut adopter « une solution technologiquement neutre qui permettrait aux constructeurs de choisir d'avoir leurs objectifs d'émissions calculés sur base soit de la masse du véhicule, soit sur leur empreinte ». (MD)