Bruxelles/Copenhague, 02/04/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne procèdera dès « cette semaine » à une évaluation « complète » du projet de budget espagnol pour 2012, a confirmé lundi 2 avril le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn. Cette analyse aura lieu une fois que le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy aura présenté la mesure en détail au parlement national et à condition que des données soient disponibles au niveau des dépenses du gouvernement central et des régions, a-t-il ajouté. Présenté vendredi dernier à Madrid et discuté lors du Conseil ÉCOFIN informel de Copenhague (EUROPE n°10586), le projet de budget espagnol prévoit des mesures d'économies supplémentaires de 27 milliards d'euros, alors que le pays traverse une nouvelle période de récession. Objectif: ramener le déficit public de 8,5% à 5,3% du PIB national en 2012 afin de revenir sous la barre des 3% en 2013. Une vraie gageure puisque le budget commencera à produire de réels effets uniquement à partir de juin.
« L'Espagne fait preuve de détermination en matière de politiques budgétaires et structurelles », avait déclaré M. Rehn à Copenhague. Il a accueilli favorablement le maintien de l'objectif de réduction du déficit excessif de 5,3% fixé récemment d'un commun accord au sein de l'Eurogroupe. Après avoir renoncé unilatéralement à l'objectif de 4,4% du précédent gouvernement socialiste, le gouvernement Rajoy avait fixé un premier objectif de 5,8%, resserré depuis à 5,3%. Et M. Rehn d'ajouter: « L'engagement sans équivoque du gouvernement espagnol envers un objectif de déficit de 3% en 2013 est de première importance. Je m'attends à ce que cet objectif soit matérialisé par une trajectoire convaincante de consolidation budgétaire avec, en parallèle, l'adoption de réformes économiques ». D'accord avec M. Rehn, Jörg Asmussen, représentant la BCE, a demandé à ce que le projet de budget espagnol ait un impact « aussitôt que possible en 2012 », quitte à l'anticiper avec l'adoption de mesures d'urgence. Le ministre espagnol de l'Économie, Luis De Guindos, avait relevé le « numéro d'équilibriste » du gouvernement qui vise à la fois à avoir un projet de budget ambitieux pour sauvegarder « la stabilité financière » et limiter « l'impact négatif à court terme » des mesures préconisées. (MB)