Bruxelles, 02/04/2012 (Agence Europe) - Les Européens espèrent que la décision d'augmenter à 700 milliards d'euros la taille de leur pare-feu anticrise suffira à convaincre leurs partenaires internationaux de contribuer davantage aux ressources du FMI. D'après nous, le relèvement du pare-feu nous apparaît « absolument crédible », a déclaré le vice-président de la BCE Vítor Costâncio, samedi 31 mars à l'issue du Conseil Écofin informel de Copenhague. « Maintenant, nous les Européens pouvons voyager à Washington avec nos devoirs accomplis », avait estimé la veille le membre du directoire de l'Institut de Francfort Jörg Asmussen. Tout pare-feu financier européen n'est rien si les pays concernés ne poursuivent pas la consolidation budgétaire ni ne réforment leur économie, avait-il néanmoins nuancé. Pour le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn, « l'Eurozone a répondu aux appels du G20 et du groupe des BRICS ». Confiant que les ressources du FMI seront augmentées lors de la réunion d'avril du comité directeur de l'organisation internationale, il a rappelé que les pays de la zone euro s'engagent à fournir 150 milliards d'euros au FMI.
La Commission européenne plaidait pourtant pour une augmentation encore plus substantielle du pare-feu européen, jugeant même le seuil de 700 milliards d'euros peu susceptible de convaincre les partenaires internationaux de l'UE. À Copenhague, c'est la vision minimaliste allemande qui a triomphé. Les grands argentiers européens ont décidé que le Mécanisme européen de stabilité, qui entrera en fonction en juillet, sera à même de mobiliser seul 500 milliards d'euros d'argent frais, les 200 milliards d'euros du Fonds européen de stabilité financière (FESF) déjà engagés pour soutenir l'Irlande, le Portugal et la Grèce s'additionnant à cette enveloppe (EUROPE n°10586). « Il n'y a aucune somme qui permette de convaincre les marchés financiers », a considéré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. Première contributrice au pare-feu, l'Allemagne rechigne à ouvrir davantage le cordon de la bourse, maintenant ainsi la pression sur les pays de la zone euro dans le viseur des marchés afin que ceux-ci consolident leurs finances publiques et poursuivent les réformes structurelles.
Les négociations entre les Européens et leurs partenaires s'annoncent serrées. Le ministre canadien des Finances Jim Flaherty a d'ores et déjà considéré que « le rôle premier » du FMI consiste à venir en aide aux pays pauvres et pas aux « pays européens qui figurent parmi les pays les riches de la planète ». Réunis la semaine dernière en sommet, les 'BRICS' (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont indiqué que toute nouvelle contribution de leur part devra s'accompagner d'une réforme de la gouvernance du FMI. En début d'année, Christine Lagarde a plaidé pour une augmentation de 380 milliards à plus de 1000 milliards de dollars des fonds à disposition de l'organisation financière internationale qu'elle dirige. (MB)