Bruxelles, 31/01/2012 (Agence Europe) - C'est peu dire que les ONG de l'environnement et de la santé se réjouissent des multiples bénéfices escomptés par la Commission européenne d'un objectif climatique de l'UE qui aille au-delà d'une réduction de 20% de ses émissions de CO2 à l'horizon 2020.
L'ONG CAN Europe (Climate Action Network) salue le document de travail publié le 30 janvier à ce sujet (EUROPE n° 10542) car il « montre que le relèvement de l'ambition est non seulement faisable et bénéfique mais beaucoup moins coûteux que prévu », puisqu' un objectif de 30% signifierait qu'entre 2016 et 2020, les États membres économiseraient 31,3 milliards d'euros par an en dépenses de combustibles fossiles calculées au prix largement sous-estimé de 88 dollars le baril en 2020.
« Cette étude est importante, parce qu'elle offre aux États membres les moyens de garantir une stabilité et une résilience accrues face aux fluctuations du prix et de l'approvisionnement en pétrole, ce qui à son tour contribuera à des économies plus fortes et à un environnement plus sain dans toute l'Europe. Les données de la Commission balaient tout doute quant aux avantages à retirer d'une action climatique plus forte à l'échelle européenne. Des objectifs plus élevés bénéficieront aux citoyens et à l'économie de l'UE tout comme aux pays pauvres qui subissent déjà les effets du changement climatique ailleurs dans le monde », déclare Julia Michalak, responsable de la politique climatique. CAN Europe presse donc les 27 États membres de travailler sur cette analyse et de soutenir le rehaussement de l'objectif de l'UE en accroissant leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en provenance de toutes les sources.
L'ONG HEAL (Health and Environment Alliance) estime, quant à elle que les bénéfices escomptés en termes d'économies de soins de santé (entre 3,4 milliards et 7,9 milliards par an grâce à la réduction de la mortalité) sont « une opportunité à ne pas manquer ». HEAL estime que ces économies devraient aider les ministres de la Santé à considérer des objectifs climatiques plus ambitieux comme un investissement dans la santé publique, et donner aux gouvernements européens l'argument économique pour justifier la nécessité de s'engager en faveur de 30%. « Les gouvernements devraient s'emparer de cette bonne nouvelle pour accroître l'ambition climatique de l'UE sous la présidence danoise. Les bénéfices économiques pour la santé tant pour l'UE que pour les États membres sont significatifs, et pourtant nous savons qu'ils sont seulement la pointe émergée de l'iceberg », déclare Genon Jensen, directeur exécutif de l'ONG. HEAL estime en effet que l'analyse de la Commission sous-estime les gains puisqu'elle ne prend pas en compte les bénéfices à escompter de toutes les mesures d'atténuation dans le transport et dans l'agriculture, pas plus d'ailleurs qu'elle ne prend en compte les économies en jours d'arrêt maladie, en prescriptions médicales ou en admissions en hôpital. (AN)