Bruxelles, 31/01/2012 (Agence Europe) - Le fait que le Conseil européen ait préconisé d'investir les fonds structurels restants pour la croissance et l'emploi semble satisfaire la Commission et le Parlement, bien que la déclaration, adoptée lundi 30 janvier par le Conseil européen (avec une réserve parlementaire de la Suède), n'amène pas d'éléments véritablement neufs.
Repenser les fonds structurels. 82 milliards d'euros issus de la politique de cohésion n'ont pas encore été distribués aux États membres au cours de la programmation actuelle qui prendra fin en décembre 2013, il s'agit de 60 milliards dans le cadre du Fonds européen de développement régional (FEDER) et de 22 milliards dans le cadre du Fonds social européen (FSE). Les dirigeants des 27 pays membres se sont mis d'accord pour utiliser cette manne disponible pour des programmes favorisant la création d'emploi pour les jeunes et le financement de l'économie réelle en aidant les PME. Plus spécifiquement, la déclaration incite les huit États membres (Irlande, Grèce, Italie, Espagne, Lettonie, Lituanie, Portugal, Slovaquie) où le chômage touche plus de 30% de jeunes à reprogrammer les fonds européens disponibles pour la formation et l'emploi de ces jeunes, le FSE étant particulièrement indiqué pour privilégier l'éducation et soutenir les jeunes entrepreneurs.
La Commission s'active déjà. Satisfait que bons nombres de ses recommandations aient été reprises par le Conseil, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a dès mardi adressé une lettre à ces huit États, afin que des « plans nationaux pour l'emploi » se mettent en place rapidement sur cette base. La nomination d'une personne de contact est également prévue ainsi que la visite en février d'une équipe de la Commission.
Le Parlement répond présent. La déclaration répond également aux attentes du Parlement. Les propositions répondent précisément à l'action qu'attendait le président du Parlement européen Martin Schulz. Celui-ci invitait à « employer de manière ciblée les milliards d'aides que les États membres n'ont pas utilisés au lieu de les restituer aux contributeurs », alors que le Conseil finalisait sa déclaration. Les démocrates chrétiens ont également manifesté leur enthousiasme à l'égard des propositions du Conseil, et ouvrent d'autres pistes. Danuta Hübner (PPE, polonaise), présidente de la commission parlementaire sur le développement régional, promet le soutien de son groupe en ce sens: « Le groupe PPE mènera les efforts du Parlement européen pour faciliter l'utilisation des fonds structurels qui restent à allouer jusqu'à la fin 2013 à des projets qui génèrent de nouveaux emplois, surtout pour les jeunes, et stimulent les investissements des PME ». Elle précisait également le jour du Conseil que le Parlement travaillait « durement actuellement pour créer un instrument de partage des risques qui devrait renforcer davantage encore le rôle « anti-crise » de la politique de cohésion. Cela doit être adopté urgemment pour dépasser la crise du crédit dans les pays les plus affectés ». Elle compte aussi sur le soutien du Conseil à l'avenir en ce sens. Pour son collègue Lambert van Nistelrooij (PPE, néerlandais) et rapporteur sur le règlement général pour les fonds structurels ; « il est tout aussi important d'augmenter le taux de co-financement pour les pays qui sont les plus affectés. Il y a aussi un rôle crucial à jouer par la Banque européenne d'investissement pour permettre des possibilités de financement conjoint ». Seule voix dissonante, celle de Kathleen Van Brempt (S&D, belge), qui estime que le Conseil dans sa déclaration se contente « de subventionner des stages en entreprise, via un fonds qui existe depuis longtemps ». Elle déclare, amère, que « des mesures innovantes et porteuses d'espoir n'ont pas été prises ». (MD)