Bruxelles, 15/12/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a « instamment » prié, jeudi 15 décembre, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères de faire « tous les efforts » nécessaires pour entamer les discussions avec la Turquie, la Ligue arabe et l'opposition syrienne « sur les modalités de mise en place de corridors humanitaires à la frontière syro-turque, en vue de protéger les réfugiés syriens et tous les civils tentant de fuir le pays afin d'échapper à la répression militaire en cours ». Dans une résolution commune, les députés appellent également à une plus grande coopération entre l'UE et la Turquie sur la question de la Syrie.
La veille, dans un communiqué, le président de l'ADLE, Guy Verhofstadt, a considéré, que « si l'UE reste inactive, Homs, ville bastion de la contestation, deviendra le nouveau Srebrenica ». Il a appelé l'UE à « prendre ses responsabilités » envers la population syrienne et à la soutenir en demandant une zone d'exclusion militaire ou « tout le moins », la création de corridors humanitaires. Il a précisé que si l'UE ne « prend pas la décision d'agir », alors les États membres, « en étroite coopération avec la Turquie et la Ligue arabe », devront agir seuls. « Nous avons besoin de créer une zone tampon à la frontière turque et de couloirs humanitaires reliant Homs à la Turquie et à la mer Méditerranée et Dara'a à la Jordanie », a ajouté Louis Michel.
Dans la résolution commune, les députés ont une nouvelle fois condamné, « avec la plus grande fermeté » la « répression brutale » du régime syrien, qui aurait fait depuis mars plus de 5 000 morts dont 500 enfants et réaffirmé leur solidarité avec le peuple syrien. Ils ont réitéré leur appel à la fin immédiate de la répression, à la libération de tous les manifestants arrêtés, et à des enquêtes « promptes, indépendantes et transparentes sur la violation systématique et flagrante des droits humains et des libertés ».
Les députés européens ont appelé à une transition pacifique vers la démocratie qui réponde aux demandes légitimes du peuple syrien et basée sur « un processus inclusif de dialogue politique national avec la participation de toutes les forces démocratiques et de la société civile » du pays. Ils se sont aussi félicités de l'engagement de l'UE à continuer de faire pression sur le régime et ont rappelé leur soutien aux efforts de la Ligue arabe. Ils ont accueilli avec satisfaction les résolutions des Nations unies mais ont déploré le fait que le Conseil de sécurité n'ait pas adopté de résolution en raison des vetos chinois et russe. (CG)