Bruxelles, 15/12/2011 (Agence Europe) - L'Espagne a demandé jeudi 15 décembre une compensation financière à l'Union européenne à la suite de l'annulation la veille par le Parlement européen du protocole à l'accord de pêche entre l'UE et le Maroc (qui devait durer jusque fin février 2012).
« L'Espagne exige une compensation pour les dommages que va subir la flotte de pêche espagnole » à la suite de cette annulation, a déclaré sa ministre de la Pêche, Rosa Aguilar, à son arrivée au Conseil Agriculture et Pêche. « Nous allons défendre cette flotte et les marins qui se retrouvent privés de travail », a souligné Mme Aguilar, précisant qu'elle allait aussi militer en faveur de la renégociation d'un accord avec le Maroc. La ministre espagnole a signalé que les pêcheurs et armateurs espagnols ont déjà payé leurs licences de pêche.
L'arrangement permettait à 120 navires battant pavillon de onze pays de l'UE d'opérer dans les eaux du Maroc en échange d'une contrepartie financière européenne de 36,1 millions d'euros annuelle. L'Espagne totalise environ 100 navires.
Maria Damanaki, la commissaire à la Pêche, a noté que le protocole doit s'arrêter après le vote du PE et que les navires de l'UE doivent arrêter de pêcher. « Ce sera fait dans le respect des lois internationales et selon les procédures les plus rapides à notre disposition », a-t-elle dit. Elle s'engage toutefois à poursuivre le dialogue avec le Maroc sur les sujets pêche et a pris bonne note de la demande du PE de proposer la négociation d'un nouvel accord UE/Maroc.
La France « regrette vivement que le Parlement européen se soit opposé » à la prorogation de cet accord, a déclaré jeudi le ministère français des Affaires étrangères. « La France veillera avec un soin particulier à soutenir les efforts que la Commission européenne doit désormais accomplir afin de négocier et signer rapidement un nouveau protocole à l'accord de pêche, prenant en compte les intérêts européens et marocains », a-t-il ajouté.
Le Maroc a réagi avec une extrême fermeté à ce vote en demandant aux bateaux de pêche européens de quitter avant mercredi minuit ses eaux. « La décision du Parlement européen marque un développement regrettable, aux conséquences sérieuses sur l'avenir de la coopération entre le Maroc et l'UE en matière de pêche », a estimé le ministère marocain des Affaires étrangères. (LC)